Année 2016-2017

Lycée : rentrée surchargée (Lyon)

Dans l’académie, la rentrée en lycée ne passe pas. Les effectifs explosent. Partout des secondes à 35. Jusqu’à 36 à St Just et à Chaplin. Dans le cycle terminal c’est encore pire : 36 élèves en terminale ES au lycée Claude Lebois de Saint Chamond, 36 en 1ère ES au lycée Rive de Giers, 36 en S à Albert Thomas de Roanne, et même 39 en ES ! Cette surcharge est liée à une hausse démographique insuffisamment compensée par les créations de postes. D’ailleurs, dès le 1er septembre, dans presque tous les lycées il y avait des classes sans professeur. Au lycée de Trévoux, par exemple, il manque des enseignants en mathématiques, anglais, physiques-chimie, SES et SVT. Quant aux conditions de rentrée du lycée de la Plaine de l’Ain, à Ambérieu en Bugey, elles sont tellement catastrophiques que les collègues se sont mis en grève dès le vendredi 2 septembre !

Les nouvelles procédures d’orientation aggravent cette situation. Ainsi, la suppression sèche des redoublements en seconde, que n’accompagne aucun dispositif de soutien, a entraîné la surcharge des premières technologiques. Bien évidemment, ce sont les séries et les lycées qui accueillent les élèves les plus en difficulté qui sont les plus touchés. Au lycée de Rive de Giers, ce sont 50 élèves qui montent en première alors qu’ils auraient dû redoubler ! Le droit au redoublement dans le lycée d’origine pour les recalés du bac pose également problème. Non seulement il n’a pas été anticipé par l’académie, mais en plus il nuit à l’équité entre les établissements. Ainsi, l’ouverture d’une terminale STMG à Colbert pour pouvoir accueillir les redoublants interroge.

A cela, s’ajoute dans notre académie un redéploiement des moyens en AED qui défavorise particulièrement les lycées : perte au lycée Saint-Bel, au lycée Branly, au lycée La Martinière-Diderot, au lycée Rabelais, au lycée Claude Lebois, au lycée de Feurs... Gros manque au Lycée Jacob Holtzer de Firminy. Dans ces conditions, les annonces de pré-rentrée sur la sécurité paraissent en décalage avec la réalité du terrain.

D’où notre inquiétude, quand le président Hollande annonce que « le lycée doit être la prochaine étape des réformes ». Qu’est-ce à dire quand on voit ce qui se passe pour le collège ? Qu’est-ce à dire quand on sait que la synthèse du bilan mené l’année dernière sur la réforme de 2010 n’est toujours pas parue et qu’on ne constate aucune remise en cause de la réforme Chatel ? Dans ce contexte, continuons d’exiger une autre ambition pour les lycées.

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