Année 2017-2018

Lycées, Bac, Accès au supérieur des réformes systémiques sur l’air libéral du « chacun pour soi » (Montpellier)

Le Président Macron et son Ministre Blanquer oeuvrent pour casser tous les acquis sociaux et pour détricoter un système éducatif du second degré construit pour tenter de faire accéder tous les élèves au plus haut niveau de diplôme, base des conditions salariales (dans un Code du travail structurant les différentes conventions collectives) avant leur entrée dans le monde du travail. Réforme Parcours SUP, projets de réforme du baccalauréat et du lycée sont le mix d’une purge néolibérale pour faire des économies sur le dos de l’avenir de la jeunesse et pour casser l’unité du second degré.

Réforme Parcours SUP : « le tri social pour toutes les formations de l’enseignement supérieur ». La procédure de sélection étendue à l’ensemble des formations post-baccalauréat est inacceptable pour le SNES-FSU comme pour l’ensemble de syndicats nationaux de la FSU concernés par ce sujet. La FSU a fait savoir sa désapprobation lors du Conseil supérieur de l’Éducation en faisant voter majoritairement contre le projet d’orientation porté par le ministère alors que le MEDEF, la CFDT, l’UNSA et le SNALC ont voté pour. Depuis, le ministère a publié les « attendus » en licence, nouvel outil de sélection pour toutes les formations post baccalauréat et joli mot qui cache mal l’intention d’instaurer une sélection à l’entrée, visant en particulier à empêcher les jeunes de classes populaires de poursuivre des études ailleurs que là où on veut les envoyer. Ces attendus sanctionnent les bacheliers littéraires et ceux des séries technologiques qui sont exclus des formations qui correspondent à leurs spécialités par "manque de culture scientifique". Le SNES FSU demande le retrait de projet de loi sur l’entrée dans l’enseignement supérieur et le maintien du diplôme du baccalauréat comme premier grade universitaire ouvrant droit à tous les bacheliers à s’inscrire dans n’importe quelle licence de leur choix. Il appelle tous les professeurs principaux des classes de terminales à refuser la sélection sociale à l’entrée du supérieur en formulant les avis très favorables à toutes les demandes de licences faites par les élèves et présentées au conseil de classe du second trimestre.

Projet de réforme du baccalauréat et du lycée : le ministère a ouvert des consultations, visant la mise en place d’un « nouveau » baccalauréat pour la session 2021 , avec réforme inévitable du lycée dès la rentrée prochaine, en particulier pour l’offre de formation concernant les élèves entrant en classes de seconde. « Muscler le baccalauréat »... c’est par cette formule obscure que le ministre a annoncé son projet de réformer cet examen qui, pour lui, n’est qu’un tremplin, et non pas une porte d’entrée, vers l’enseignement supérieur pour les séries générales et technologiques avec « des épreuves terminales recentrées sur quatre disciplines » et, pour les autres, « une place accrue pour le contrôle continu ». Cette volonté de réforme de l’épreuve du baccalauréat est très inquiétante, venant d’un gouvernement qui ne fait plus de l’Éducation nationale un ministère prioritaire et dans un contexte où Bercy réclame de fortes suppressions d’emplois publics durant le quinquennat. Actuellement, la mission Mathiot travaille à la production d’un rapport dans lequel les horaires des lycéens seraient revus à la baisse (27 heures hebdomadaires maximum), semestrialisés et articulés en parcours individualisés. Pouvant à très court terme faire disparaître l’ensemble des enseignements facultatifs et réduire drastiquement le nombre de baccalauréats (permettant ainsi un très mauvais alignement sur un « cadre » européen qui ne reconnaît pas les baccalauréats technologiques) finissant ainsi un travail de « simplification » portés par les gouvernements depuis 1 984, cette réforme empreinte d’une forte volonté de contrôle continu local remplaçant les épreuves nationales, anonymes et terminales ouvre la porte à une territorialisation du diplôme, actuellement premier grade universitaire ouvrant droit à une inscription en L1 dans n’importe quelle université française. Le but étant de le transformer en diplôme maison dans un contexte de mise en concurrence des lycées entre eux pour mieux « vendre » leur diplôme auprès des universités dans le cadre de réseaux des lycées et du cycle bac -3 – bac +3 dont on commence à mieux comprendre aujourd’hui pourquoi il a été mis en place sous le quinquennat précédent et soutenu par certaines organisations syndicales dites réformistes. Les logiques d’un baccalauréat modulaire, outil de tri social construit sur la connaissance préalable des réseaux, des attendus des différents parcours du supérieur par les élèves et leur famille marquent la volonté d’un retour à un diplôme pour une minorité générationnelle, permettant ainsi la reproduction de l’élitisme social.

Le SNES FSU défend un autre projet pour le baccalauréat et une organisation du lycée en série générales et technologiques permettant la réussite de tous les élèves.

Hervé FUMEL

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