Année 2016-2017

Lycées : un budget marqué par le sécuritaire et le mérite (Nice)

Quelques investissements

L’exécutif régional semble prendre conscience de la nécessité de renouer avec une politique d’investissement, que ce soit pour des lycées neufs (+ 26 millions d’€), des réhabilitations et/ou études (+ 18,2 millions d’€) et des équipements sportifs (+ 900 000 €). Notre académie n’est pas, pour l’heure, concernée par de nouvelles constructions d’établissements ou de nouveaux équipements sportifs. Il faudra bien, pourtant, que la région regarde de près ce qui se passe dans le moyen Var où le nombre d’élèves et de famille est en forte progression.

Pour les réhabilitations, la délibération concernant le budget primitif prévoit des travaux au lycée Audiberti d’Antibes, la poursuite de travaux au lycée A. Renoir à Cagnes sur Mer, ainsi que la réfection de la demi-pension du lycée professionnel Claret à Toulon.

Une étude va se poursuivre pour le lycée Paul Augier à Nice en vue de son extension. Pour l’heure, face aux difficultés rencontrées sur les plateaux techniques, 600 000 € seront débloqués pour des travaux d’urgence.

De fortes interrogations sur le fonctionnement

Si sur la reprise de l’investissement, on peut être en partie satisfait, le SNES-FSU et la FSU restent vigilants en ce qui concerne les dotations de fonctionnement des lycées publics. En effet, alors que la baisse globale de l’enveloppe des dotations de fonctionnement des lycées est de 2.5 millions d’€ (ce qui équivaut à une baisse de près de 5%), cette baisse se répercute pour l’essentiel sur les lycées publics (baisse de 4.4% sur le total de 5%) et peu sur les lycées privés sous contrat (baisse de 0.6% sur le total de 5%), au prétexte de fonds de réserve estimés par la région à 8 millions d’€. Nous craignons que cette mesure n’interdise à terme aux équipes certains choix pédagogiques et pèse sur le fonctionnement au quotidien de nos lycées. L’exécutif régional s’est engagé à mener un dialogue de gestion régulier avec les établissements pour « rationaliser » au mieux les dépenses, mais les premiers échanges avec nos représentants semblent déjà montrer la limite de ce mode de fonctionnement.

Concernant les travaux d’urgence, la région a entendu en partie raison en décidant d’augmenter de 10 % l’enveloppe globale pour atteindre 2,4 millions d’€, mais il n’est pas certain que cela soit suffisant pour un fonctionnement optimal des établissements les plus vieillissants ou les plus grands.

La FSU dit non au tout sécuritaire et au mérite

Si nous nous félicitons de l’augmentation du fonds des manuels scolaires (+ 1,6 millions d’€) et du maintien de l’aide aux premiers équipements, nous pensons que le quadruplement (4 millions d’€) du budget consacré au plan régional de mise en sureté des lycées, qui s’ajoute aux 4,4 millions d’€ déjà consommés en 2016, n’est pas forcément utile même si cela correspond aux préconisations conjointes du ministère de l’intérieur et de l’éducation nationale. La région a aussi annoncé la mise en œuvre d’un plan de sécurité éducative (pour financer la présence des médiateurs devant les lycées) pour 2,6 millions d’€. Ces médiateurs seront des jeunes en contrat d’apprentissage pour préparer le diplôme de moniteur /éducateur. Pour l’heure, leur déploiement concerne surtout l’académie d’Aix-Marseille et peu la nôtre, il faudra certainement permettre dans les pro- chaines semaines la mise en place de ce dispositif pour certains de nos lycées.

Nous avons découvert , à l’occasion de la présentation du budget, la volonté de la région d’expérimenter le financement de cours de soutien de français dans une trentaine de lycées professionnels de la région, avec l’accord des deux recteurs, sans qu’aucun échange n’ait eu lieu sur ce sujet en amont avec la FSU ou le SNUEP-FSU. Cette expérimentation est pour le moins étrange au moment où la réforme du collège supprime des heures de français !

Nous sommes aussi très dubitatifs sur l’affirmation de M. Battin, élu régional en charge des lycées, qui a assuré aux représentants FSU au CESER PACA, la sanctuarisation des crédits de la Convention de Vie lycéenne et apprentie. Là encore, les échanges que nous avons avec les équipes sur le terrain contredisent ces engagements. Enfin le SNES-FSU et la FSU dénoncent la poursuite du système des bourses au mérite (2 millions d’€) pour les mentions TB du baccalauréat. Nous sommes convaincus, comme le demandent les syndicats de lycéens et d’étudiants, qu’il faut plutôt augmenter les bourses et financer un véritable statut de l’étudiant.

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