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Un film de Shalimar Preuss (France)

"Ma belle gosse" Sortie en salles le 28 août 2013

Maden a dix-sept ans. Elle est en vacances dans la maison familiale de l’île de Ré avec son père, son frère et ses cousins cousines.

De nature solitaire, elle se tient à l’écart des autres. Elle attend le passage du facteur qui lui remet la réponse aux lettres qu’elle adresse en secret à un détenu incarcéré dans la Maison Centrale voisine.

Son père tente d’apprivoiser sa nature sauvage mais elle résiste et préfère se consacrer à sa correspondance à partir de laquelle elle construit provisoirement sa vie.

Autour de cette maison de vacances qui est l’élément principal de son film, Shalimar Preuss a, dans un premier temps, construit avec précision et sensibilité et un sens aigu de l’observation une sorte de documentaire qui décrit par petites touches successives, les occupations ordinaires d’une famille en vacances réunissant adultes, adolescents et jeunes enfants.

Les distractions qui occupent les uns et les autres révèlent à la fois une grande liberté et un état pas très éloigné de l’ennui.

Tous les personnages sont rodés à ces vacances familiales où on occupe son temps à des activités rituelles : pêche aux étoiles de mer, promenades à vélo jusqu’à la ville, baignades, jeux de toutes sortes, apartés, chamailles ou conversations complices.

D’un côté, le groupe pris dans un mouvement général d’activités et de l’autre Maden qui se tient à distance et fait échouer les tentatives paternelles à se rapprocher d’elle.

Maden veut laisser le champ libre à ses pensées secrètes, ne mettre aucun obstacle entre elle et son "aventure" romanesque.

La caméra de Shalimar Preuss se contente, pendant ce premier temps du film, d’observer au plus près les mouvements individuels et collectifs de cette communauté familiale, sans craindre la répétition et l’insignifiance des moments, le poids du rituel, ni de cacher chez chacun un état proche de l’ennui.

Les scènes se répètent, se prolongent et si les autres personnages de l’histoire apparaissent de face, celui de Maden est souvent filmé de dos. La caméra s’attache plus à sa démarche, au rythme de ses pas, à la ligne de ses épaules qu’à son visage. Maden semble fuir, tourner en rond autour des autres pour échapper à ce qui pourrait l’éloigner ou la distraire de sa préoccupation essentielle.

Puis, après la découverte des lettres par les cousines, la tonalité du film change insensiblement, sans heurt. Maden va-t-elle se retrouver blessée d’avoir été découverte ? Va-t-elle au contraire se trouver libérée de son secret ?

De "Ma belle gosse" se dégage une "musique" singulière. Le film, qui est un regard sur l’adolescence, échappe au portrait appuyé d’une jeune fille en train de rompre avec l’enfance.

Le récit sous la forme de moments observés ne verse jamais dans l’analyse du personnage et c’est cette légèreté, non dénuée de gravité cependant, qui produit la force souterraine du film, une tonalité renouvelée pour traiter un sujet si souvent visité.

Francis Dubois .

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