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Un film de Fabien Constant (France)

"Mademoiselle C…" Sortie en salles le 16 octobre 2013.

Catherine Roitfeld fut, pendant dix ans, la rédactrice en chef de la revue de luxe "Vogue Paris".

Après cette période couronnée de succès, elle claque la porte et se lance un défi : créer son propre magazine dont le nom sera (en toute modestie !) les initiales de son nom et de son prénom, "C.R".

Ce sera le journal de mode le plus chic, le plus innovant, le plus glamour et pourquoi pas, le plus audacieux.

Une de ses collaboratrices interviewée à son sujet dit de Catherine Roitfeld qu’elle est une "vraie femme du monde". Et tout à coup, ce qualificatif interroge à propos de la portée de ce film.

Le monde, celui auquel chacun de nous est confronté, le monde ordinaire souvent difficile, cruel, sanglant, fratricide, n’a aucune parenté avec celui auquel appartient la rédactrice de mode représentative du domaine verrouillé de la presse de luxe et de la haute couture.

Le monde à qui il est fait référence ici est un microcosme regorgeant de célébrités fortunées, de mannequins formatés, un monde de luxe, d’argent et de pouvoir dont le commun des mortels est complètement coupé.

Est-il nécessaire pour nous, de savoir que ce monde-là existe ?

Un film qui nous renseigne sur le personnage de Catherine Roitfeld présente-t-il le moindre intérêt pour le spectateur lambda ? L’étalage d’un tel luxe, de tant de sophistication, de superficialité peut-il faire rêver aujourd’hui ?

Le personnage de Catherine Roitfeld se veut simple et modeste, attaché à des valeurs ordinaires.

Ses préoccupations tournent autour de la bonne marche de son projet ambitieux, de la qualité de ses relations avec les plus grands mannequins ou les personnages médiatiques tels que Tom Ford ou Karl Lagerfeld. Melle C. vit au plus près de sa famille et donne l’image d’une mère, d’une grand-mère et d’une épouse exemplaires (quand les enfants étaient petits elle finissait tôt pour aller les chercher à l’école et les emmener elle-même au cheval !).

Mais cette normalité est-elle compatible avec ses fréquents déplacements à travers le monde ?

La question qui se pose est de savoir à quel public peut s’adresser un tel film ? Ce beau livre d’images ? Certainement pas aux amateurs de la presse people qui ont "d’autres chats à fouetter", guère plus à un public intéressé par le documentaire qui lui, a d’autres exigences.

Le rayonnement de "Mademoiselle C…" risque d’être très limité, de se cantonner au périmètre de la mode et de ses abords immédiats. Il pourra sans doute faire une carrière internationale auprès du même public.

Oublions.

Francis Dubois

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