Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Liv Ullmann (Norvège/Irlande/Royaune-Uni/France)

"Mademoiselle Julie" Sortie en salles le 10 septembre 2014.

1890, en Irlande. Alors que la nuit des feux de la Saint-Jean bat son plein, Mademoiselle Julie et John, le valet de son père, s’approchent, se charment et se manipulent sous le regard inquiet de Kathleen, la cuisinière de la demeure et fiancée de John.

Celui-ci, amoureux depuis des années de Mademoiselle Julie, convoite la comtesse, voyant en elle et l’intérêt qu’elle lui porte un moyen de gravir les marches de l’échelle sociale.

Liv Ullmann fut l’épouse et la muse d’Ingmar Bergman et incarna le premier rôle dans onze de ses films.

L’adaptation qu’elle a faite de " Mademoiselle Julie " d’August Strindberg n’est pas étrangère au cinéma du célèbre réalisateur.

Élégance et virtuosité marquent son film. Elle fait de ces qualités une priorité et sa réalisation baigne dans une rigueur, une précision, un esthétisme d’une grande pureté.

Mademoiselle Julie n’a pas la fraîcheur d’une grande adolescente mais une beauté qui hésite entre douceur et rugosité.

Elle est magistralement servie par l’interprétation fine de la comédienne Jessica Chastain, toute en nuances, jeux de regards et gestuelle souveraine.

John le valet est interprété par Colin Farrell de manière trop élégante, avec un raffinement qui l’éloigne de toute rusticité et en fait par moment l’égal de Mademoiselle Julie.

Cela, bien que l’on sache au départ la différence sociale qui existe entre les deux protagonistes, fausse parfois leurs rapports et éloigne du sujet, le caractère ancillaire de la relation.

L’application de John à cirer les bottes du Comte, ses quelques mouvements de soumission ou la cruauté qu’il montre en décapitant l’oiseau, compagnon de Mademoiselle Julie, ne suffisent pas à le rendre à son personnage de rustre terrien.

Ce parti-pris qui éloigne sensiblement le film de Liv Ullmann de la pièce de Strindberg n’empêche pas " Mademoiselle Julie" d’être le "magnifique objet cinématographique" tel que l’a sans doute voulu la réalisatrice.

Le film presqu’essentiellement tourné en intérieurs est par moments très "théâtral". Impression renforcée par un duo de personnages, une suite de faces- à- faces où intervient parfois Kathleen dans des postures et costumes qui renvoient aux codes de la scène.

Une œuvre souveraine où il faut se laisser porter. Une réussite en tout cas…

Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Merveilles à Montfermeil »
    Joëlle et Kamel sont en instance de divorce. Ils font tous les deux partie de l’équipe municipale de la nouvelle maire de Montfermeil, Emmanuelle Joly. Toute l’équipe travaille activement sur le... Lire la suite (7 janvier)
  • « Les siffleurs »
    C’est au son de « The passenger » interprété par Iggy Pop que l’inspecteur de police Cristi débarque sur l’île de Gomera afin d’apprendre le Silbo, une langue sifflée ancestrale classée au patrimoine... Lire la suite (5 janvier)
  • « Cunningham »
    « Cunningham », le film d’Alla Kovgan, suit la carrière du chorégraphe Merce Cunningham depuis ses premières années comme danseur dans le New-York d’après guerre jusqu’à la révélation et la reconnaissance... Lire la suite (Décembre 2019)
  • « Le miracle du Saint Inconnu »
    En possession de son magot, Amine fuit la police mais, sa voiture tombée en panne, il a tout juste le temps de creuser un trou et d’enterrer le sac contenant les liasses de billets au sommet d’un... Lire la suite (Décembre 2019)
  • « Séjour dans les Monts Fuchun »
    L’histoire de « Séjour dans les monts Fuchun » est celle ’une famille et du temps qui s’écoule au rythme de la nature, du cycle des saisons et de la vie d’un fleuve dans la ville de Fuyang. Le film... Lire la suite (Décembre 2019)