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Un film de Léa Fazer (France)

"Maestro" Sortie en salles le 23 juillet 2014.

Henri, jeune acteur fougueux qui rêve de jouer dans des comédies effrénées et des thrillers, se retrouve par hasard engagé dans le film de Cédric Rovère, chef de file du cinéma d’auteur.

Les méthodes de travail du "maître" sont très éloignées de l’idée qu’il se faisait du cinéma.

Mais le charme de sa partenaire, grande admiratrice du cinéaste, et la bienveillance de Cédric Rovère à son égard vont l’amener à revenir sur ses idées préconçues…

Au moment de sa disparition, le comédien Jocelyn Quivrin avait écrit la première mouture d’un scénario dans lequel il relatait sa participation au tournage du film d’Eric Rohmer, "Les amours d’Astrée et de Céladon" . Projeté dans une aventure cinématographique à laquelle il n’était pas préparé, il y racontait son étonnement et de quelle façon, au bout du compte, l’expérience lui avait été bénéfique.

Il avait alors demandé à Léa Frazer de participer à l’écriture du récit. Ce qu’elle avait fait et ce dont Jocelyn Quivrin, victime d’un accident, n’a jamais pris connaissance.

Le scénario est resté en l’état dans les tiroirs jusqu’au jour où des producteurs s’y sont intéressés et c’est Léa Frazer qui l’a réalisé.

"Maestro" est une comédie, un divertissement grand public qui, fatalement, pour arriver à ses fins, trahit toute la délicatesse et l’intelligence du cinéma d’Eric Rohmer, force le trait même si le réalisateur est interprété avec justesse et beaucoup de malice par Michael Lonsdale et si le casting regroupe autour de lui des comédiens du théâtre public qui ont fait leur preuve dans la nuance de jeu. Ainsi, Dominique Reymond, Micha Lescot ou Scali Delpeyrat, Marie-Armelle Deguy qui s’acquittent très bien de leur partition ;

Il y aura deux publics pour ce film. Ceux qui n’ont jamais été fanatiques d’Eric Rohmer, réalisateur verbeux réalisateur de comédies en demi-teinte et que la forme satirique de " Maestro" ne dérangera pas. Ceux-là riront de bon cœur face aux facéties de Pio Marmaï qui n’en est pas avare, aux situations burlesques, à la personnalité fantasque du réalisateur.

Mais il y aura ceux qui ont été nourris au cinéma de Rohmer, qui s’en sont délectés, qui ont fait des "Comédies et proverbes", des" Contes moraux" leur "cinéma de chevet", qui ont savouré autant "Ma nuit chez Maud" que "Perceval le Gallois".

Ceux-là crieront à la trahison, au sacrilège et verront dans le film de Léa Frazer, un comédie grossière et la dévaluation d’un maître du cinéma.

Un peu moins de lourdeur dans les situations, plus de légèreté dans les dialogues auraient-il adouci le mécontentement de ces derniers ? Pas sûr.

Francis Dubois

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