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Un film de Pierre Vinour (France)

"Magma" Sortie en salles le 17 novembre

Paul Neville se rend en compagnie de quelques collaborateurs à un séminaire en Auvergne au cours duquel il doit défendre un projet pour un marché qui place en rivalité directe l’entreprise pour laquelle il travaille avec celles de plusieurs autres pays. Un jour, sa voisine de chambre vient le trouver et lui dit être recherchée par un mari violent auquel elle a tenté d’échapper en se réfugiant dans cet hôtel. Elle lui demande d’intervenir dans le cas où il entendrait, depuis son lit, qu’elle est en danger. Très vite, entre Paul et sa voisine naît une complicité et, au retour d’une promenade, ils deviennent amants. Dorénavant une passion les habite mais Paul Neville est sujet à des syncopes qui lui font perdre conscience. C’est à la suite d’une de ces crises que la jeune femme disparaît. Paul est persuadé que c’est son mari qui l’a enlevée. C’est sur cette piste qu’il met le commissaire Darcy chargé de l’enquête…
Le film de Pierre Vinour se situe aux confins de l’Auvergne et du Limousin, la région de ses origines, et les vastes paysages qui servent de décor à son récit, qu’il filme avec beaucoup de soin, en sont le plus grand atout.

Le reste, entre rencontre passionnelle intense et intrigue policière, manque de dimension, de souffle propres à installer un suspens et prend très vite la mesure nonchalante du cent fois déjà vu.
L’hôtel isolé qui élève son imposante carcasse grise à flanc de montagne, au milieu des sapins ne nous est pas étranger. Il est là pour charger d’inquiétude, d’un danger diffus, chacun des épisodes qui jalonnent l’histoire de ce Paul Neville dont on retient de sa personnalité, à la fois l’extrême douceur émanant d’un regard candide et ici et là, dans son comportement, des agissements à peine inquiétants qui, s’ajoutant, finissent par créer une vague impression de malaise.
Comment Paul Neville peut-il quitter aussi fréquemment l’hôtel sans attirer l’attention des autres quand il va rejoindre la jeune femme, alors qu’il a la réputation auprès de ses collaborateurs de quelqu’un qui ne quitte jamais sa chambre ? Comment se fait-il que les crises dont il est saisi et qui lui font perdre conscience, épargnent les moments où il intervient en public et ne semblent pas préoccuper sa jeune femme ?
Pierre Vinour multiplie les pistes. Il crée, avec la densité des sous-bois, les cascades inquiétantes, les sentiers où se perdre, les maisons isolées inhabitées où l’on pénètre, tous les éléments réunis qui donnent aux rendez-vous amoureux autant de sérénité qu’ils créent de menaces.
La faiblesse du dénouement auquel on est très tôt préparé fait revenir sur le déploiement des éléments obscurs, souvent superflus, sensés tenir en haleine. Le suspens qu’il aurait été bon d’entretenir se dissout au fur et à mesure du récit avec un personnage de commissaire, croisé des dizaines de fois à d’autres occasions et qui, bien qu’il soit interprété pas Aurélien Recoing, n’a aucune consistance, ou celui de l’épouse de Paul Neville dont Natacha Régnier ne semble savoir que faire. Restent les jolis yeux de Arly Jover et les hésitations parfois touchantes de Mehdi Nebbou.
Francis Dubois

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