Actualité théâtrale

Saison 2012-13

Maison de la Poésie de Paris Partenaire Réduc’snes

Cette saison, la programmation de la Maison de la Poésie de Paris ne va que jusqu’en février. Cette "innovation" pourrait être de mauvais augure car elle concorde de façon inquiétante avec la fin du mandat de Claude Guerre à la tête de ce théâtre depuis sept ans.

La Maison de la Poésie est financée par la Mairie de Paris et même si Bertrand Delanoë clame qu’ "ici, la poésie a jeté l’ancre. Avec son équipage de vers murmurés, criés, entonnés, déclamés, avec ses cris du cœur et ses mots d’esprit…"On a envie de rester vigilants et, pour tous ceux qui se sentent proches de ce théâtre, de surveiller de près la tournure que prendront les événements en septembre.

Faut-il craindre le pire et imaginer que ce lieu est menacé, comme sont menacés d’autres sites culturels fonctionnant sur des subventions municipales. Le Théâtre Paris-Villette dont personne ne sait, à ce jour, à quelle sauce il va être mangé. Le Tarmac transporté vers le Théâtre de l’Est Parisien et dont les locaux promis à la chanson restent vides pour l’instant. Le Lavoir Moderne Parisien, le seul théâtre existant sur le quartier de La Goutte d’or qui s’efface du paysage, faute de subventions.

La politique culturelle de la Mairie de Paris reste bien obscure.

Est-ce la création du "Cent quatre" sur le site des anciennes Pompes Funèbres de Paris qui a sans doute été un gouffre financier, ou la restauration du Louxor, qui dévorent tous les crédits au détriment de petits lieux vulnérables n’ayant, pour se défendre, que le soutien du public ?

Qu’en sera-t-il du Louxor dont on dit vouloir en faire un lieu destiné aux Arts de la Méditerranée ? Vaste et bien vague programme !

En attendant, voici ce qui sera proposé à ses spectateurs, par la Maison de la Poésie de Paris, d’octobre 2012 à février 2013.

  • Du 3 au 28 octobre, dans la grande salle : "Müller Machines" Texte de Heiner Müller, mise en scène, musique et vidéo Wilfried Wendling.

Le spectacle s’appuie sur trois textes peu explorés de Heiner Müller : "Paysage sous surveillance", "Libération de Prométhée" et "Nocturne" en utilisant tous les vecteurs scéniques : théâtre, danse, musique, vidéo, lumières. Sur scène, seront présents l’acteur Denis Lavant, la danseuse aérienne Cécile Mont-Reynaud et le musicien "contemporain" et inclassable Kasper T. Toeplitz.

  • Du 4 octobre au 4 novembre, petite salle : "66 Gallery, Howl" d’Allen Ginsberg, mise en scène Bérangère Jannelle.

En octobre 55, a lieu, à la Six Gallery de San Francisco, une soirée de performances poétiques à laquelle participent des poètes méconnus à l’époque : Michaël McClure, Jack Kérouac et Allen Ginsberg qui lit pour la première fois, son poème "Howl" tout à la fois une lamentation jazzée, un chant hypnotique et un cri de défi lancé à l’Amérique matérialiste. Ce poème annonce le mouvement la" Beat generation" qui va ébranler la société américaine dans ses certitudes et dans ses formats.

  • Les 8, 9, 10 et 12 novembre, grande salle : "Eugène Onéguine" d’Alexandre Pouchkine

Rien n’est plus terrifiant que ce poème qui est aussi un roman sur le "rien" de la vie mondaine d’un héros romantique, une œuvre qui n’apprend pas à vivre, qui n’a aucune vision du monde mais qui fonctionne sur le son, sur la voix et sur une variation infinie d’intonations. André Markowicz, traducteur, russe de Saint-Petersbourg comme Pouchkine, traduit les vers de cet auteur immense, depuis l’âge de dix-sept ans. Ce spectacle, joué par l’Atelier du groupe 40 de l’Ecole d’Art Dramatique du Théâtre National de Strasbourg dirigé par Jean-Yves Ruf sera donné en "entrée libre" sur réservation.

  • Du 16 novembre au 13 janvier, grande salle : " Marsilho" d’André Suarès, adaptation, mise en scène et jeu, Philippe Caubère.

Il s’agit d’une peinture moderne du Marseille des années trente qui donne de la ville une image très différente de celle qu’on se fait habituellement. Le spectacle qu’ a tiré Philippe Caubère du livre d’André Suarès promet d’avoir quelque chose à voir avec le " Roma" de Fellini.Un dialogue avec la ville, plein de rage, d’adoration, de ressentiment, de fureur et d’enthousiasme. Faisons toute confiance à Philippe Caubère pour nous surprendre et nous subjuguer.

  • Du 21 novembre au 16 décembre, petite salle " Nietzsche, Zarathoustra et autres textes" , (reprise) textes de Friedrich Nietzsche, conception et jeu, Laurence Mayor, collaboration Philippe Ulysse.

Laurence Mayor a été attirée par le poème philosophique " Ainsi parlait Zarathoustra" et elle a souhaité confronter ce texte à la scène de théâtre. "Voir la pensée déployer espace, scénographie, corps multiples, irruption d’un bestiaire fantastique". Le spectacle a obtenu un tel succès, lorsqu’il a été présenté au cours de la saison dernière, que nombreux sont ceux qui n’ont pu le voir.

  • Du 17 au 20 janvier, sur quatre jours, des rencontres d’une journée seront proposées.

Le jeudi 17 janvier, rencontre inédite entre Michel Butor, Franck Venaille et Charles Juliet avec la complicité d’Henry Bauchau.

Le vendredi 18 sera consacré à Charles Juliet. Le samedi 19 à Michel Butor et le dimanche 20 à Franck Venaille.

"La poésie est le cœur de la littérature, son chaudron, sa table d’architecte : son laboratoire" dit Claude Guerre.

Mais aussi :

Pour la quatrième saison, "Figures d’humanité" à raison d’un samedi par mois à 16h. Les invités de cette année seront : Edmonde Charles-Roux, Bernard Lubat, Michel Butor ainsi qu’Hélène Zay pour évoquer Jean Zay qui fut ministre de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts du Front Populaire.

Les entretiens de poésie" deuxième saison, à l’initiative de Michel Deguy, Claude Mouchard et Martin Rueff. Un samedi par mois.

"La République des poètes" sixième saison, à raison d’une fois par mois, le samedi à 16h, animée par Marc Blanchet.

Le 16 octobre, "Escalader le nuit" sera un travail sur la poésie contemporaine à l’initiative de Sylvain Tesson, Sophie Nauleau et André Velter.

Le samedi 1er décembre à partir de 10h "Le poème en prose en question" Tables rondes, débat avec le public, lecture de poèmes précéderont un récital de poésie donné par une grand écrivain du Québec : Nicole Brossard.

A suivre…

Francis Dubois

Maison de la Poésie de Paris, Passage Molière 157 rue Saint-Martin 75 003 Paris

www.maisondelapoesieparis.com

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 44 54 53 00

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « Une des dernières soirées de carnaval »
    Goldoni écrit cette pièce alors qu’il s’est décidé à quitter Venise, sa ville qu’il aime tant et qui l’a tant inspiré. Il est lassé de la guerre d’usure que mènent ceux qui, à la suite du Comte Gozzi,... Lire la suite (11 novembre)
  • « Une bête ordinaire »
    Elle a sept ans et demi, des seins comme des clémentines et l’impression qu’une bête sauvage lui crève le ventre. Elle a fait du garage à vélo de l’école sa cabane et y invite des petits garçons à toucher... Lire la suite (8 novembre)
  • « Le présent qui déborde »
    Après Ithaque , Christiane Jatahy continue à voyager dans l’Odyssée pour y trouver ce que ce poème vieux de 3000 ans nous dit du monde où nous vivons. Nous avions été peu convaincus par Ithaque où... Lire la suite (7 novembre)
  • « Tigrane »
    Tigrane disparaît un jour. On ne retrouve sur la plage que son skate et une bombe de peinture. Dans notre pays où l’école ne réussit pas à assurer une véritable égalité des chances, Tigrane semblait mal... Lire la suite (6 novembre)
  • « Place »
    De Place , couronnée par le prix du jury et le prix des lycéens au festival Impatience 2018, Tamara Al Saadi, son auteur dit : « la pièce est née de la nécessité de parler de ce sentiment qu’éprouvent... Lire la suite (6 novembre)