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Un film de Josef Wladyka

"Manos Sucias" Sortie en salles le 3 juin 2015

culture/cinéma Partant du port de Buenaventura, la ville la plus dangereuse de Colombie, trois paysans économiquement dépourvus, pour pouvoir subvenir à leurs besoins, acceptent de transporter une torpille contenant 100 kilos de cocaïne, à la traîne d’une petite embarcation dans les eaux du Pacifique.
Pour seule couverture et pour déjouer la surveillance des policiers ou des paramilitaires, ils ne disposent que d’un simple filet de pêche.

Si "Manos Sucias" joue sur les règles du film d’action au suspense soutenu, c’est aussi, et peut-être surtout, un récit qui fait la lumière sur la réalité d’un pays où la population est conditionnée par l’importance qu’a pris le trafic de drogue. Une activité risquée mais économiquement séduisante qui exploite les enfants, l’appauvrissement des pêcheurs et des paysans, ces hommes à la recherche de tous les moyens pour faire vivre leurs familles.

Josef Wladyka a voyagé en Colombie pour découvrir des histoires locales. Il en est reparti avec l’idée d’un film qui puisse toucher le public du monde entier. Une collaboration rapprochée avec les guides locaux, les autorités et une équipe composée d’habitants de la région, a permis de créer une action convaincante, dans un contexte social et politique où la vie de chacun peut basculer à tout instant.

Si, à la lecture du scénario, on pouvait s’attendre à un film de plus sur le trafic de drogue en Colombie, il n’en est rien. "Manos Soucias" est tout autre chose grâce à sa construction, au dosage des tonalités du récit et aux comédiens formidables qui interprètent les deux navigants. Le récit fonctionne sans cesse dans la rupture de ton et il va chercher sa force dans la vulnérabilité des protagonistes, pêcheurs ou paysans, rodés à la vie misérable et que l’épreuve de l’aventure révèlent l’un à l’autre et à eux-mêmes. Ces laissés pour compte ne manquent ni d’optimisme ni de courage. Mais ont-ils le choix ? Y a-t-il d’autre alternative que la ligne qui leur est dictée par la mission qu’ils ont acceptée et décidé de mener jusqu’à son terme ?

Il n’y a pas plus de complaisance dans l’âpreté de certaines séquences que dans les moments d’émotion.
Un beau film émouvant et sauvage.
Francis Dubois

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