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Un film de Xavier Giannoli (France / République tchèque / Belgique)

"Marguerite" Sortie en salles le 16 septembre 2015.

Dans le Paris des années 20, Marguerite Dumont est une femme fortunée passionnée de musique et d’opéra.

Depuis des années, elle se produit régulièrement devant un cercle d’amis, au profit d’œuvres de charité.

Mais Marguerite chante tragiquement faux. Elle ne s’entend pas chanter et ne peut mesurer l’étendue de son défaut vocal et personne dans son entourage ne le lui a jamais dit.

Son mari et ses proches l’ont toujours entretenue dans ses illusions.

Tout va se compliquer le jour où elle fait de projet de se produire devant un vrai public, à l’Opéra….Elle décide, dans cette perspective de faire appel à un professeur de chant, un artiste lyrique sur le déclin…

" Marguerite" marque le retour de Catherine Frot absente des écrans depuis trois années. Elle a choisi de tourner " Marguerite" à cause de son admiration pour Xavier Giannoli qu’elle tient pour un des plus grands cinéastes actuels et pour le scénario que celui-ci a écrit d’après l’histoire vraie de Florence Foster Jenkins. Celle-ci vécut aux États-Unis dans les années quarante, se produisit sur des scènes privées et fut longtemps inconsciente de la splendide fausseté de sa voix. Jusqu’au jour, vers la fin de sa vie où elle a chanté devant le public exigeant s’il en est du "Carnegie Hall" des airs classiques, avec sa maladresse hilarante.

Le film de Xavier Giannoli n’est pas un biopic. C’est une adaptation libre d’un personnage qui a réellement existé. Il pose ici un regard personnel, propose un point de vue sur la vérité humaine qui s’exprime dans un destin original comme il l’avait fait avec " A l’o rigine " qui racontait l’histoire de Philippe Miller, une escroc qui reprend à sa seule initiative, un chantier d’autoroute abandonné.

Cinema : Marguerite

Xavier Giannoli affectionne les personnages à idée fixe, les obsessionnels, ceux qui entraînent toute l’histoire d’un film dans leur mouvement, lui donnent une tension, un rythme, un point de fuite.

Ici, il tire souvent son récit dans le sens de la comédie et suivant la pente naturelle de situations cocasses, exploitant jusqu’aux bonnes limites, ce qu’il y a d’hilarant à voir chanter (très) faux, des airs classiques en flirtant à la fois avec les règles de la farce et le rendu d’une candeur désarmante.

Mais son film est aussi une histoire d’amour entre un homme et une femme qui cherchent comment faire pour continuer à s’aimer.

Et c’est la cruauté qui sous-tend en permanence le déroulement du récit qui met à l’abri " Marguerite" à la fois du mélodrame complaisant et de la comédie facile et en fait une réussite.

Catherine Frot était sans doute l’interprète idéale. Elle joue cette femme candide et obstinée de façon frontale, sans économiser les mimiques, les débordements expressifs. Il y a chez elle, en même temps qu’un scintillement juvénile et honnête, quelque chose de farceur dans le regard.

Mais il n’y a pas qu’elle pour soutenir par l’interprétation le film de Xavier Giannoli. André Marcon joue le mari de Marguerite en virtuose et Michel Fau qui donne avec panache et une pointe de désespoir Atos Pezzini, le professeur de chant pathétique.

Mais toute la distribution serait à citer…

Francis Dubois

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