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Un film d’Édouard Deluc (France)

"Mariage à Mendoza" Sortie en salles le 23 janvier 2013

Deux frères débarquent en Argentine pour assister au mariage de leur cousin à Mendoza, à l’ouest du pays.

Nés de pères différents, ils sont aussi dissemblables que possible. L’aîné, Markus, grande bringue, est du genre insouciant et fêtard. L’autre, petit et de nature réservée, est d’une humeur d’autant plus morose que sa femme vient de le quitter.

Pour distraire son benjamin, Markus va tenter de mettre en place le grand jeu. Virée nocturne dans la capitale, splendeurs de la vallée de la lune, restaurants gastronomiques, visite des vignobles avec dégustation.

Gonzalo, un garçon d’hôtel, voudra bien les accompagner et aider Markus dans sa mission de joyeux drille. En cours de route, ils chargeront à bord de la voiture, Gabriella, une jolie jeune fille, dont les deux frères vont tomber amoureux.

Dans un premier temps, Markus assiste Antoine et tente de le sortir de l’ornière où l’a mis la rupture avec sa femme.

Mais Markus qui "bricole" sa vie en écrivant des chansons, cache derrière son enthousiasme à tout crin, un secret. Il est atteint du "Syndrome de Stendhal", une maladie qui peut d’un moment à l’autre lui faire perdre la parole ou le faire sombrer, à la suite d’une forte émotion, dans un état de demi-coma.

La perte de ses médicaments à la suite du vol de leur voiture va le plonger dans un état de fragilité extrême. Et Antoine, quand il découvrira le danger qui menace son frère, mettra ses propres soucis de côté, pour épauler la grande carcasse de Markus.

Le film d’Édouard Deluc rassemble plusieurs atouts. Il bénéficie d’un scénario solidement construit qui prend ici et là des raccourcis narratifs audacieux avec une légèreté réjouissante.

De superbes paysages du nord du pays, près de la Cordillère des Andes, ou de la vallée de Cafayate où se trouvent les vignobles argentins. La photo est belle mais sans insistance ni incitation au tourisme.

Il a enfin ses comédiens. Les deux français Nicolas Duvauchelle et Philippe Rebbot et les deux mexicains Gustavo Kamenetzky et Paloma Contreras.

Ils sont tous les quatre épatants et leurs partitions se complètent magnifiquement.

Philippe Rebbot qui n’avait jusque-là tourné que dans le court-métrage d’Édouard Deluc "Donde està Kim Basinger" et qui a participé à l’écriture du script de " Mariage" est une "nature" inédite dans le paysage du cinéma français, une sorte de candide tombé des nues doublé d’un viveur acharné, à chaque instant en équilibre instable entre solidité de roc et fragilité d’oisillon, derrière ses verres-loupes et sous ses cheveux en bataille. Il vient en contre-point avec la silhouette trapue et le visage fin de Nicolas Devauchelle.

On apprécie autant la comédie que les moments d’émotion. On aime cet air de grande liberté que vient réduire ici et là, la griffure de la souffrance ou la menace d’un réel danger.

Ce premier film annonce un cinéaste de grand talent.

Francis Dubois

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