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Un film de Marie Noëlle (Allemagne-France-Pologne)

« Marie Curie » Sortie en salles le 24 janvier 2018.

Physicienne-chimiste d’origine polonaise, Marie Sklodowska-Curie fut une pionnière dans l’étude de la radioactivité. Toutes ses recherches pour développer la recherche scientifique, elle les a conduites avec Pierre Curie, son mari .

Mais à une époque où il est difficile de reconnaître les qualités d’une femme scientifique et dans un milieu particulièrement masculin et conservateur, Marie Curie aura eu du mal à s’imposer et à se faire une place.

Cinéma : Marie Curie

Marie Curie a été la première femme Docteur en physique, la première femme professeur à la Sorbonne, la première femme Prix Nobel. La première femme au monde à l’obtenir deux fois et dans deux domaines distincts et même à titre posthume, la première femme à entrer au Panthéon.

En dépit de ses succès, elle est restée une « femme », un individu résolument tenu à distance qui a dû combattre les préjugés pour pouvoir vivre librement.

Marie Noëlle, qui rêvait de vouer sa vie à la science et pour qui Marie Curie était un modèle sur le plan de la recherche, découvre un jour dans un article que sa relation avec le physicien Paul Langevin avait failli lui coûter son second prix Nobel.

Cette lacune dans la vie de la physicienne fait prendre conscience à la cinéaste du fait qu’elle connaissait mal sa vie et dès lors, elle est partie à la recherche de la femme qu’elle était.

Une femme qui n’a cessé de mener un combat pour la reconnaissance de son travail.

Un combat qui l’a conduite à renier une partie de sa féminité afin de pouvoir poursuivre sa passion pour la science.

Lorsque Pierre Curie périt dans un accident de la circulation, Marie se trouve reléguée au rang qu’on veut bien lui concéder, celui de la femme d’un génie. Dans un premier temps, elle affronte les institutions pour pouvoir poursuivre son travail de recherche en solitaire et élever ses deux filles.

En 1910, la presse française transforme sa liaison avec Paul Langevin, chercheur proche d’Albert Einstein, en un scandale et réduit la savante couronnée à une banale femme adultère alors qu’elle est veuve depuis cinq années.

La haine qu’elle suscite est disproportionnée. Marie Curie est livrée en pâture aux jaloux, aux détracteurs et à la méchanceté machiste sur le front de la morale alors qu’on peut difficilement remettre en question sa légitimité scientifique.

Le film de Marie Noëlle explore les six années les plus mouvementées dans la vie de Marie Curie entre 1905 et 1911 et dessine un portrait inédit de ce personnage passé à la postérité en montrant ce qui a constitué la chair de sa vie.

Quand elle découvre le radium et son rayonnement auquel elle donne le nom de radioactivité, il ne reste plus qu’ à s’imposer comme un individu, une femme qui disposerait de compétences intellectuelles, et de passer outre le sort réservé à toutes les femmes qui font carrière dans des secteurs traditionnellement masculins.

Des documents originaux, les journaux de Marie Curie, ses carnets de laboratoire, ses lettres et celles de ses proches, la presse de l’époque, ont servi à l’élaboration du scénario.

Charles Berling interprète un Pierre Curie jovial et touchant et c’est l’excellente Karolina Gruzka qui joue Marie avec force et tendresse.

Ils sont entourés d’une distribution superbe constituée de Malik Zidi, André Wilms ou Daniel Olbryski. (un revenant ?)

Si le film commence de façon assez académique, il trouve très vite une chaleur, une passion, une force qui en font une réalisation originale et singulière.

Francis Dubois

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