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Un film d’Eva Pervolovici (France-Russie)

"Marussia" Sortie en salle le 21 janvier 2015

Lucia, une ressortissante russe débarquée à Paris avec Marussia, sa petite fille de six ans se retrouve à la rue après avoir été momentanément hébergée par une femme qui s’est lassée de la cohabitation.

En attendant de trouver une solution pour la prochaine nuit, la mère et sa fille errent dans les rues, apparemment confiantes.

Car Lucia est le contraire de l’image qu’on pourrait avoir d’une SDF. Malgré l’errance et l’incertitude de l’heure qui suit, elle sait rester élégante, distinguée et Marussia qui s’accommode de toutes les situations n’est à aucun moment une gamine pleurnicheuse ou traînarde.

Est-ce la complicité et la tendresse qui unissent les deux personnages ? Est-ce la confiance qu’elles ont l’une pour l’autre qui attirent la sympathie de personnes généreuses qu’elles croisent au hasard

de leurs déambulations ?

Un moment tentées par un rapatriement dans leur pays, Lucia et Marussia préféreront s’en remettre au jeu du hasard…

cinéma : Marussia

Jamais, malgré les difficultés que rencontrent la mère et la fille, le moindre signe de découragement n’apparaît chez l’une ou l’autre.

Jamais sur la personne de Lucia, on ne remarquera le moindre signe de négligence. Jamais la petite fille ne se départira de sa bonne humeur.

Les deux personnages se complètent dans la mesure où l’insouciance, la gaieté de la mère rejoignent l’insouciance et la gaieté de la petite fille, les signes de maturité épisodiques de la mère ceux instinctifs de la fillette.

C’est ce parti-pris de sérénité quoiqu’il en soit, de confiance en la vie qui fait toute la singularité, le charme de ce film qui relate pourtant une situation poignante.

La réussite du film d’Eva Pervolovici tient également au fait qu’elle parvient à rendre totalement crédible une histoire en tous points invraisemblable.

Mais la mise en scène est telle, ainsi que les interprétations convaincantes des deux comédiennes qu’on ne se pose aucune question à propos des vêtements impeccables, des chevelures parfaites, de la bonne humeur constante.

Par quel tour de magie l’insouciance et la confiance de Lucia et de Marussia deviennent-elles contagieuses et se communiquent-elles au spectateur ?

Voilà un film joyeux qui, s’il ne reflète pas l’insécurité des personnes sans logis, donne au sujet un bol d’air peut-être totalement illusoire mais tellement revigorant.

Dinara Droukanova qui fit ses débuts au cinéma à 12 ans dans " Bouge pas, meurs, ressuscite " et qu’on retrouva grande adolescente dans " Depuis qu’Omar est parti " est une magnifique Lucia, rayonnante de toute sa confiance en la vie.

La jeune comédienne de six ans qui joue Maroussia est également épatante.

Francis Dubois

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