Actualité théâtrale

Au Théâtre Gérard Philipe à Saint-Denis

"Mary Stuart" de Friedrich Schiller jusqu’au 18 octobre

Mary Stuart fut reine d’Ecosse de 1542 à 1567, avant d’être jetée en prison pendant plus de vingt années par sa demi sœur, Elisabeth I reine d’Angleterre qui, pour l’empêcher s’accéder au trône la fit décapiter en 1587. La pièce évoque d’une part l’enfermement de Mary Stuart, son désir de liberté et les complots qui se mettent en place en faveur de sa libération, et d’autre part l’extrême dureté d’Elisabeth dont le pouvoir ne cessera de se fissurer.
A partir de l’opposition de ces deux femmes, l’une de pouvoir, l’autre proche de son peuple et dont l’exécution en fera une martyre et un personnage de légende, Schiller écrit une pièce en écho avec notre époque, où l’humain est confrontés aux enjeux politiques, l’intime au public…
Une des grandes qualités de la mise en scène de Stuart Seide est de donner toute leur ampleur aux personnages secondaires et de faire de chacun le porteur d’une thématique. De la même façon que les deux souveraines agissent en duos séparés –la scène de la rencontre d’Elisabeth et de Marie Stuart qui se produit une fois dans la pièce n’a jamais eu lieu en réalité-, les personnages annexes agissent par deux et en contraste ainsi Burleigh et Shresbury ou Mortimer et Leicester. Est aussi soulignée la dualité qui existe chez chacun d’entre eux Leicester qui en est le meilleur exemple. Joue-il sur les deux tableaux ? Est-il sincère dans les déclarations ou promesses de fidélité et de dévouement à l’une et à l’autre ?…
Photo © C. Pidz
Un plateau partagé en deux espaces scéniques alternativement éclairés, l’un figurant la prison, l’autre le palais de la reine d’Angleterre crée une distance avec la tragédie que viennent renforcer des costumes hétéroclites allant de la tenue de ville très actuelle aux manteaux élisabéthains tout comme le tracé très moderne de certains personnages.
Certaines audaces de mise en scène sont rendues à la mesure par un groupe de comédiens très homogène en parfaite harmonie avec le parti pris du traitement.
Stuart Seide a su donner à Schiller dont on rapproche le théâtre de celui de Shakespeare toute sa singularité, peut-être en respectant l’invention théâtrale du texte et en soulignant chez l’auteur ses qualités de poète et de penseur.
Francis Dubois

Théâtre Gérard Philipe
59 boulevard Jules Guesde 93207 Saint-Denis Cedex
Réservations et renseignements (partenariat Réduc’snes tarifs réduits mais sur réservation impérative) : au 01 48 13 70 00
Ensemble de la programmation : voir notre présentation ou www.theatregerardphilipe.com

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « Féministe pour homme »
    Noémie de Lattre n’a pas attendu l’affaire Weinstein et me-too pour parler des femmes et du féminisme dans ses pièces et dans son livre. Et sur ce sujet son spectacle, qui tient du théâtre, du cabaret... Lire la suite (6 décembre)
  • « Trois femmes (l’échappée) »
    Joëlle, tout juste diplômée « auxiliaire de vie », vient d’être embauchée comme gardienne de nuit par la fille de la vieille et très riche Madame Chevalier. Celle-ci en vieille dame acariâtre qui n’a... Lire la suite (3 décembre)
  • « Dark circus »
    Quel étrange cirque où l’acrobate tombe, où l’homme canon s’envole au-dessus de l’Afrique pour ne plus réapparaître, où le manche d’une guitare devient un dompteur que le lion s’empresse de dévorer et où le... Lire la suite (3 décembre)
  • « Féminines »
    Après Hors la loi, où elle s’attachait à l’histoire des femmes jugées pour avortement à Bobigny dont le procès avait ouvert la voie à la loi légalisant l’avortement, la jeune autrice et metteuse en scène... Lire la suite (2 décembre)
  • « Féminines »
    Après Hors la loi, où elle s’attachait à l’histoire des femmes jugées pour avortement à Bobigny dont le procès avait ouvert la voie à la loi légalisant l’avortement, la jeune autrice et metteuse en scène... Lire la suite (2 décembre)