Lectures : littérature, poésie, polars, essais, revues

Le coin du polar.

« Mauvais œil », James Goodwin Istanbul, 1839

Jason Goodwin, spécialiste de l’Empire Ottoman, a mis ses connaissances au service du polar historique, à la mode ces derniers temps. Il a construit un personnage, figure du « détective », Hachim, eunuque au service du grand Vizir, sorte de policier, espion au service des basses œuvres de l’Empire. Il a comme complice la Validé, l’épouse du sultan qui a donné un fils et qui a donc une place particulière. Un personnage qui prend sa place au fur et à mesure des intrigues qui se succèdent. Les trois précédents – « Le complot des janissaires », « Le trésor d’Istanbul », « Le mystère Bellini » - avait déjà dressé son portrait. On savait qu’elle venait des Antilles françaises – la Martinique – et on apprendra ici qu’elle était liée à une certaine Joséphine de Beauharnais…
Son petit-fils – si j’ai bien suivi - vient de monter sur le trône en cette année 1839. Mahmut II est mort et Abdülmecid lui succède. Il est jeune et inexpérimenté. Une période troublée s’ouvre. Le harem est bousculé. Les anciennes s’en vont, sans rien, les nouvelles arrivent. Avec leurs croyances. Qui auront leur importance dans l’intrigue de cette histoire compliquée, à l’intrigue évolutive.
L’intérêt qui ne se dément pas tient dans la description de cet Istanbul qui n’a pas complètement disparu aujourd’hui. Il reste des traces tenaces. En cette année là, c’est aussi la fin de la construction du pont qui relie les quartiers de la ville. Et qui existe encore.
« Mauvais œil » est un titre qui fait référence aux croyances qui ont cours dans le harem et de la manière dont les intrigantes peuvent les utiliser.
Il faut suivre les aventures de Hachim. Elles permettent aussi de piquer quelques recettes qui parsèment le récit comme autant de haltes nécessaires. Le bien manger fait aussi partie de la culture.

Nicolas Béniès.

« Mauvais œil », James Goodwin, 10/18, Grands détectives.

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