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Un film de Cherien Dabis (Jordanie)

"May in the summer" Sortie en salles le 7 mai 2014.

May, une jeune jordanienne qui vit à New-York, vient passer l’été à Amman, dans sa famille.

Mais cette fois-ci, les vacances chez sa mère et ses sœurs seront différentes des autre fois car son mariage se déroulera pendant le séjour. Elle s’apprête à épouser un musulman au grand dam de sa mère, une fervente chrétienne.

Cette union inter-religieuse qui n’était au départ que le motif d’un conflit entre May est sa mère va servir de révélateur à tous les membres de famille, y compris le père remarié à une jeune femme, et produire des événements et des révélations en cascade qui feront trembler l’édifice et bousculeront un monde de certitudes attachées aux traditions et basées sur le non-dit.

Les mariages interculturels et inter-religieux ne sont pas seulement désapprouvés dans les sociétés moyen-orientales mais bel et bien interdits.

Cherien Dabis a souhaité, pour explorer ce qu’elle considère comme un fléau dans ces pays, en faire le sujet central de son film.

Pourtant très vite, si le prochain mariage de May, une chrétienne, avec un musulman reste vis-à-vis de sa mère, de la famille et du voisinage, un sujet de préoccupations ou de franche réprobation, le film en élargissant son champ et en s’intéressant aux personnages secondaires, aborde d’autres problèmes plus universels.

La mère ne cristallise-t-elle pas, autour du mariage de sa fille, son échec conjugal et sa difficulté à se voir en femme vieillissante pour mieux masquer ses incohérences intimes et des secrets ?

Et ainsi, ce qui devait servir d’écran de fumée pour tenir à distance l’homosexualité de la sœur cadette ou les vraies raisons pour lesquelles la troisième sœur a été licenciée, va servir au contraire, de révélateur.

Tous les événements découlant de l’union décriée finiront par conduire au doute, jusqu’à la future mariée, qui n’étant plus sûre de rien, regardera se déliter ce sur quoi elle avait imaginé et construit son avenir.

Ce ne sont pas les mises en garde de sa mère à propos des unions inter-religieuses ou les regards réprobateurs des autres qui agiront sur elle, mais les événements qui surviendront et qui modifieront sa vue générale des choses, d’une vie basée sur des valeurs reconnues mais qui soudain ne trouveront plus d’écho en elle.

Si le film de Cherien Dabis ne perd jamais de vue son sujet central, il s’en éloigne pour mieux dresser le portrait d’une société prisonnière de ses valeurs, mais cependant en pleine mutation.

Ainsi les deux sœurs de May semblent avoir amorcé une réelle émancipation et avoir pris de la distance par rapport aux carcans d’une société campée sur ses positions.

Le reproche qu’on pourrait faire à " May in the summer" , est celui d’avoir multiplié les personnages et d’avoir chargé chacun de la mission d’aller dans le sens d’une démonstration parfois un peu trop évidente.

Le récit ratisse un peu trop large et parfois se perd dans des séquences qui pourraient nuire à l’efficacité du propos.

Francis Dubois

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