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Un film de Ian Bonhôte et Peter Ettedgui (Royaume-Uni).

« Mc Queen » Sortie en salles le 13 mars 2019.

« Mc Queen » porte un regard personnel sur la courte vie, la carrière et la puissance de création d’un enfant terrible de la mode. A priori, rien ne destinait ce jeune garçon né dans un quartier populaire de l’Est de Londres, cadet d’une famille de six enfants, à une existence de gloire et de paillettes.

Celui que tout destinait à devenir maçon ou chauffeur de taxi comme son père a eu la chance (a saisi l’opportunité) de devenir l’un des artistes les plus originaux et influents de son temps, celui dont le romantisme effréné et la poésie punk ont contribué à l’avènement de la « Cool Britannia » des années 90.

Cinéma : McQueen

On pouvait craindre que le film de Ian Bonhôte et Peter Ettedgui ne soit qu’un biopic de plus mais dès les premières images, la présence à l’écran de ce garçon au physique rondouillard et presque ingrat, ne répondant en rien aux critères de l’image qu’on a du créateur de mode, met le récit sur une autre voie. Celle de la réussite sociale d’un enfant des milieux populaires de la banlieue londonienne.entré comme par effraction dans le milieu très fermé de la Haute Couture.

Le film suit le tracé de vie complexe de McQueen depuis son apprentissage chez un tailleur-mercier à l’ancienne où il manifesta un don inné pour le stylisme et le modélisme jusqu’à son suicide à seulement quarante ans. Des interviews des membres de sa famille, d’amis et de collaborateurs, des extraits de ses défilés célèbres ainsi qu’une vidéo de McQueen longtemps restée perdue lèvent progressivement le voile sur un talent inventif qui a exprimé ses fantasmes les plus sombres et ses ambitions les plus grandes à travers ses créations vestimentaires révolutionnaires et ses défilés spectaculaires.

C’est peut-être dans un contraste que réside l’intérêt du film, d’une part, la force, l’audace, l’extrême sophistication des créations et de l’autre le grand naturel de celui qu’on a du mal à reconnaître dans ses audaces. De ce contraste naît l’émotion d’un personnage qui se transmet à son œuvre. L’extrême inventivité, l’audace de ses modèles qui ont révolutionné la haute couture en son temps ne finissent-ils pas par rejoindre la modestie, l’humilité et peut-être la revanche sur l’idée d’un étiquetage qui cataloguerait l’individu dès sa naissance ?

Un très grand documentaire sur la force de l’éphémère.

Francis Dubois

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