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Un film de Gustavo Taretto (Argentine)

"Medianeras" Sortie en salles le 1er juin 2011

Dans Buenos Aires, mégapole de trois millions d’habitants, Mariana et Martin habitent deux immeubles qui se font face par des murs aveugles.
Même s’ils fréquentent la même piscine, s’ils se croisent au milieu de la foule des rues parfois, ils ont peu de chance de se rencontrer un jour. Lui, qui travaille chez lui sur son ordinateur, peut passer des journées sans sortir et elle, étalagiste, se contente le soir de la compagnie figée des mannequins de plâtre qu’elle rafistole avant de composer ses prochaines vitrines.
Gustavo Taretto connaît bien Buenos Aires. Il y est né. Et avant de se lancer dans l’écriture de son scénario, il a passé beaucoup de temps à observer la ville et ses habitants. Il a tiré de cette observation la conclusion que la ville, surtout quand il s’agit d’une capitale, opposait à ses habitants une multitude d’obstacles insurmontables dont l’individu n’a pas toujours conscience, même s’ils l’empêchent de mener à bien son existence.
"Medianeras" est une fable urbaine sur la névrose collective, une conception cruelle mais humoristique de la vie moderne dans les grandes villes, un film entre quatre piliers, qui montre à quel point l’agencement architectural d’une cité peut jouer avec la vie de ses habitants.
C’est aussi et surtout un film d’une grande liberté narrative qui commence avec la rigueur d’un austère documentaire sur l’architecture hétéroclite de la ville et qui, dès qu’on approche les deux personnages, qu’on pénètre dans leur sombre intimité, se change en histoire cruelle et douce à la fois.
Le film prend sans cesse le temps de raconter, d’observer, de regarder avec tendresse ou sans égards, toutes ces vies ramassées sur elles-mêmes qui naviguent sur des fleuves d’indifférence et se contentent si bien du peu qui leur est donné.

Il est drôle, poétique et, quand il le faut, il se change en un vrai conte de fée.
On ouvre illégalement des fenêtres au milieu des deux murs aveugles mais ce n’est bien sûr pas vrai, que l’ouverture se fait à l’endroit où justement, était peint un cœur écarlate…
Il est grave et enchanteur et réussit, tout en traitant d’impossibilités, de limites, d’obstacles, d’occasions ratées, à nous donner en récompense finale, une belle idylle prometteuse, une histoire d’amour comme on n’en fait plus depuis que les contes de fée ont été relégués aux placards de nos existences.
Francis Dubois

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