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Un film de Steve Suissa (France)

"Mensch" Sortie en salles le 9 décembre

Sam est perceur de coffres forts. Il excelle dans sa spécialité et ne sait rien faire d’autre. Il appartient à la communauté juive parisienne et son petit garçon, qu’il élève seul, le soupçonne déjà de ne pas être l’agent immobilier qu’il dit être. Son père voudrait le voir lui succéder à la tête de l’entreprise familiale et sa relation amoureuse souffre de ses mensonges. Sam va-t-il bientôt rompre avec ses activités douteuses et devenir un mensch, un homme bien ?

Steve Suissa a réussi, à partir d’un sujet rabattu, maintes fois traité au cinéma, un film singulier entre thriller et récit intimiste, une sorte de film de genre à hauteur du commun.
Il a fait exister autour de Sam, toute une galerie de personnages secondaires authentiques qu’il a confiés à des comédiens chevronnés comme Sami Frey, Maurice Bénichou, Myriam Boyer ou Anthony Delon, lesquels, tous magnifiques, leur donnent une épaisseur, une force qu’ils communiquent au film.
Avec un récit linéaire, des personnages secondaires parfaitement dessinés, le "Mensch"de Steve Suissa renvoie au cinéma narratif d’autrefois. Il raconte l’histoire d’hommes et de femmes plongés dans des aventures fictionnelles mais qui gardent un pied dans une réalité quotidienne. Il fait de Steve un personnage proche, d’entrée presque familier, un jeune homme qui appartient de très près à une communauté, à une famille. Cette proximité de son personnage avec ses proches fait de son activité de perceur de coffres-forts, une sorte d’accident de parcours qui ne s’explique que parce que il est de nature frondeuse, enclin à la passion et parce qu’il aime bien faire ce qu’il est capable de réussir.
Le contraste existant entre le braqueur audacieux et le père-poule attentif est l’élément clé du récit. Sam a une sorte de sens instinctif de son rôle de père. Les moments qu’il consacre à Max ne sont pas des moments pris sur ses activités, ce sont de vrais moments et dans sa vie, la parenthèse, ce qui est anecdotique, ce sont ses braquages et ce qui va avec. L’essentiel est le temps qu’il passe avec son fils. Steve Suissa a fait appel pour jouer Max à cet étonnant enfant comédien qui était déjà formidable dans "Versailles" et pour lequel il a écrit un dialogue risqué. Des répliques lucides et matures qui auraient pu tomber à plat ou sombrer dans le ridicule. Et puis, il y a Nicolas Cazalé remarqué il y a deux ans dans "Le fils de l’épicier". Il traduit avec autant de sensibilité que de rudesse les élans contradictoires qui habitent son personnage. Il est rayonnant, il est ténébreux, il est Sam.
Francis Dubois

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