Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Calin Peter Netzer (Roumanie)

"Mère et fils" Sortie en salles le 15 janvier 2014.

Cornelia, la soixantaine élégante, est architecte-scénographe. Son mari est médecin. Ils ont acquis une position sociale grâce à leurs relations et à leurs accointances avec l’ancien régime roumain. Ils jouissaient sans doute d’un traitement de faveur sous Ceaucescu.

Cornelia, mère abusive qui s’ignore, a des relations tendues avec son fils qu’elle souhaiterait plus proche d’elle.

Lorsqu’elle apprend qu’il a provoqué la mort d’un adolescent au volant de sa voiture, elle va faire jouer toutes ses relations pour le sortir de cette situation qui lui fait encourir une peine de prison.

Au cours de ses démarches, elle va découvrir les limites de son pouvoir et les effets de l’humiliation. Et que la frontière entre amour maternel et manipulation est très étroit.

Calin Petre Netzer appartient à la mouvance du nouveau cinéma roumain qui a été propulsé par la critique internationale et la présence de films hautement récompensés dans les plus grands festivals.

On peut citer entre autres, Cristian Mungiu (4 mois, 3 semaines, 2 jours) ou Cristi Pulu (La mort de Dante Lazarescu).

Avec "Mère et fils" , Calin Peter Netzer plonge dans son histoire intime et dresse un portrait, sans concession, de sa propre mère.

Cornelia est une femme redoutable. Elle en perpétuel état de combat et tous ses échanges sont des rapports de force, -avec sa bonne, avec Carmen, la compagne de son fils-, moins avec son mari qu’elle a depuis longtemps étouffé et soumis à son joug.

D’autres, à sa place, auraient pu sombrer dans la dépression. Elle, elle a choisi l’état de lutte permanent.

Elle est d’autant plus redoutable dans sa relation avec son fils qu’elle n’a absolument pas conscience de ses exigences envers lui, de son comportement intrusif. Les demandes qu’elle lui fait lui paraissent naturelles, être les bases mêmes de la relation mère-fils.

Cependant, il est difficile de dire si ce qu’elle éprouve pour Barbu est de l’affection, de l’amour ou si c’est son goût du pouvoir qui la guide.

Avec l’accident de voiture de son fils, la mort de l’adolescent, la douleur des parents, Cornelia va atteindre les limites de ce pouvoir.

Dès lors, le personnage monolithique va connaître ses premières lézardes.

La construction du film qui repose sur de longs plans séquentiels sans ponctuation ou moments de relâchement, la mise en scène au scalpel, le charisme des comédiens qui interprètent tous les personnages, contribuent à faire de " Mère et fils" une de ces œuvres cinématographiques qui marquera la décennie et qui confirmera au cinéma roumain une notoriété largement méritée.

Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Sicilian Ghost story »
    Habitant d’ un village sicilien, Giuseppe, un garçon de 13 ans disparaît subitement. Toutes les éventualités sont envisagées, mais Luna, sa camarade de classe, écarte l’idée d’une disparition... Lire la suite (13 juin)
  • « Filles du feu »
    Elles ont à peine vingt ans et elles affrontent, en guerrières, l’état islamique au Kurdistan syrien. Dans cet endroit du monde où l’homme marche devant et la femme derrière, le fait qu’elles aient... Lire la suite (12 juin)
  • « Désobéissance »
    Ronit est allée vivre à Manhattan où elle est devenue une photographe reconnue. Elle est partie aux États-Unis pour faire carrière mais aussi, et peut-être plus encore, pour prendre de la distance avec... Lire la suite (10 juin)
  • "Le cercle littéraire de Guernesey"
    Alors que l’île de Guernesey est sous l’occupation allemande nazie, quatre amis, Elisabeth, Eben, Isola et Dawsey qui rentrent d’une soirée arrosée, se retrouvent nez à nez avec des militaires... Lire la suite (9 juin)
  • « Trois visages »
    Une grande actrice iranienne reçoit un jour une inquiétante vidéo d’une jeune fille désespérée qui implore son aide pour échapper à l’emprise de sa famille conservatrice. L’actrice, face au grand désarroi... Lire la suite (5 juin)