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Un film de Julie Lopes-Curval (France)

"Mères et filles" Sortie en salles le 7 octobre

Julie Lopes-Curval affectionne le bord de mer. C’est le titre qu’elle avait donné à son premier long métrage qui remporta la caméra d’or en 2002 à Cannes.
C’est, ici aussi, dans une petite station balnéaire qu’Audrey débarque pour un séjour de quelques temps chez ses parents. Elle ne les a pas revus depuis qu’elle a émigré au Canada où elle a apparemment mieux réussi sa vie professionnelle que sa vie sentimentale.
Elle est enceinte, troublée par son état, pressée par une décision à prendre et on peut se demander si elle n’est pas venue chercher un appui auprès de sa mère médecin. Mais ses relations avec elle s’avèrent tendues et Audrey éprouve très vite le besoin d’aller s’installer dans la maison maintenant vide où vivaient ses grands parents. Un grand père qui vient de mourir et une grand mère mystérieuse qui, autrefois, lassée de l’autorité frustrante de son mari, a tout quitté pour disparaître à jamais. SNES_MeresEtFilles
Audrey décide de redonner vie à cette maison. C’est alors que le personnage de Louise lui revient avec la découverte d’un cahier mi livre de cuisine, mi journal intime et de son contenu : trois liasses de billets de banques maintenant périmés.
Dès lors, flairant le secret de famille, elle décide d’en savoir plus sur son aïeule. Quelques photographies et les confidences du journal intime vont la mettre sur une première piste. Et malgré les réticences de sa mère, la prudence de son oncle, elle finira par arriver à ses fins. Mais remuer ainsi le passé ne se fait pas sans souffrances.
Julie Lopes-Curval mène de front dans son film plusieurs sujets et donne une valeur égale à ses trois personnages de femmes. Audrey tente de démêler les fils d’une histoire d’amour compliquée avec un amant ami et se questionne encore sur la suite qu’elle va donner à cette grossesse pour laquelle elle ne se sent pas mûre. Martine est sur la défensive. Personnage imprévisible, elle se réfugie dans son dévouement pour ses patients. Mais son abord rébarbatif n’est qu’une protection. Louise, elle, apparaît non pas dans des flash-back, mais dans des moments qui sont le fruit de l’imagination d’Audrey et qui s’inspirent essentiellement de photographies où on la voit élégante et presque irréelle.
Les recherches que mènent Audrey fédèrent les trois histoires qui reposent sur des non dits et des secrets enfouis dont parfois les familles ont le secret.
Julie Lopes-Curval filme avec beaucoup de talent le bord de mer, les ruelles d’une ville balnéaire et les maisons blanches qui bordent le plage. Les paysages vastes et la grande lumière contrastent si bien avec l’amertume et les questionnement étroits des personnages qu’on échappe à l’oppressante histoire de famille qu’elle nous raconte.
Catherine Deneuve est magistrale en mère acariâtre autant qu’elle est émouvante en femme brisée. Marina Hands parfaite en jeune femme moderne qui découvre les limites de sa liberté et Marie-Josée Croze touchante dans ses apparitions ambiguës dans ses tailleurs new-look.
Pour les personnages et leurs interprètes, pour la narration fluide et efficace, pour le charme frileux du bord de mer…
Francis Dubois

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