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Un film de Jeanne Balibar (France)

« Merveilles à Montfermeil » Sortie en salles le 8 janvier 2020.

Joëlle et Kamel sont en instance de divorce. Ils font tous les deux partie de l’équipe municipale de la nouvelle maire de Montfermeil, Emmanuelle Joly.

Toute l’équipe travaille activement sur le projet d’une politique novatrice entre autre axée sur la création de la « Montfermeil Intensive School of Languages ».

Alors que l’équipe s’active et que les retombées de la nouvelle politique se font sentir positivement, Joëlle et Kamel s’opposent.

La grande fête de la Brioche permettra-t-elle au couple de voir renaître leur amour qui ne s’était jamais vraiment éteint.

Cinéma : Merveilles à Montfermeil

L’idée originelle du projet remonte à 2012. Elle date du tournage avorté d’un film de Rabah Ameur-Zaïmèche auquel Jeanne Balibar devait participer et qui avait pour cadre la ville de Monfermeil.

L’actrice avait gardé en tête un intérêt pour cette ville de la périphérie et pour certains personnages de l’histoire.

L’idée a fait son chemin, mûri et la future réalisatrice a commencé par faire des recherches dans ce qui s’appelait encore « La communauté d’agglomération Clichy-Montfermeil », auprès des services sociaux et de Pôle Emploi des deux municipalités. Elle a ensuite décidé qu’elle travaillerait en amont avec les habitants des deux villes et dans cette perspective, elle a mis en place des ateliers de travail sur le corps et sur les exercices de musicothérapie.

L’intention de réaliser une comédie musicale était récurrente mais il ne s’agissait pas d’une comédie musicale dont le support serait des chansons mais qui fonctionnerait à partir de l’exercice de langues différentes, langues étrangères, langues professionnelles ou jargons.

La comédie réalisée par Jeanne Balibar repose sur la singularité des personnages et sur les situations qui découlent des bonnes intentions d’une équipe municipale novice, du désarroi qui découle de l’inexpérience, un vertige de difficultés qui, saisissant la maire nouvellement élue, la rend presque folle, la conduit jusqu’à l’autoritarisme et même jusqu’à la tentative de suicide.

Le film est-il purement une comédie ou une satire, un divertissement ou un regard plutôt grinçant sur une utopie, sur le fait qu’il ne suffit pas qu’un projet de gestion d’une ville soit généreux pour aboutir ?

Le film fourmille de bonnes propositions comme celle d’enseigner les mathématiques en arabe ou encore la « Montfermeil International School of languages » qu’on pourrait mettre en place dans les villes où de nombreuses ethnies sont représentées.

Les intentions de «  Merveilles à Montfermeil  » sont convaincantes. L’originalité du sujet n’est pas en cause mais la construction désordonnée du film porte atteinte à la fois à la comédie proprement dite et à l’intention première.

Mais pourquoi ces coquetteries vestimentaires : défilés de kilts, kimomo ou shorts qui n’apportent rien à la fantaisie du film et parfois même, court-circuitent le propos.

Une proposition originale souvent drôle mais brouillonne et inaboutie.

Francis Dubois

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