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Un film de Valeria Golino (Italie-France)

"Miele" Sortie en salles le 25 septembre 2013

Irène vit seule dans une maison face à la mer, non loin de Rome.

Son père et son compagnon la croient étudiante. Mais sous le nom d’emprunt de "Miele", son activité est d’assister clandestinement des personnes condamnées par une maladie, à mourir sur leur demande, dans la dignité, en leur administrant un barbiturique qu’elle se procure à l’étranger dans des pharmacies vétérinaires.

Un jour, un nouveau patient sollicite son aide. Mais après lui avoir fourni la dose mortelle, elle découvre que le vieil homme ne souffre d’aucune maladie incurable mais qu’il traverse les épreuves d’une forte dépression.

Dès lors, Irène va tout tenter pour empêcher Monsieur Grimaldi de passer à l’acte.

Valeria Golino, comédienne italienne connue, réalise ici son premier long métrage dont elle a co-écrit le scénario à partir du roman " Vi perdono" d’Angela de Fabro.

L’euthanasie est un sujet tabou en Italie plus encore que dans n’importe quel pays d’Europe, sous l’influence du Vatican et le poids de l’héritage catholique.

Valeria Golino a opté pour une mise en scène fluide qui donne au traitement du sujet un contour à la fois âpre et tendre.

Le film est servi par la présence d’une comédienne magnifique, au physique androgyne, qui apporte beaucoup au récit et fait de Miele un personnage mutique, secret mais largement ouvert aux autres.

" Miele" , après une introduction explicite, repose essentiellement sur la rencontre de la jeune femme avec le personnage séduisant et charismatique de Monsieur Grimaldi.

L’approche mutuelle de ces deux personnages, dans un premier temps frontale, se fait petit à petit feutrée quand l’amitié les réunit.

Irène parviendra-t-elle à dissuader le vieil homme d’absorber le médicament mortel ? Saura-t-elle lui donner les arguments justes pour qu’il continue à vivre ?

Miele va doucement redevenir Irène et prendre la décision de cesser ses activités illicites et Monsieur Grimaldi va finir par détruire le flacon destructeur.

Mais aura-t-il, pour autant, renoncé au suicide ?

On pourrait dire que Valeria Golino a assorti sa mise en scène avec la silhouette gracieuse et le jeu tout en douceur de Yasmine Trinca, son interprète.

Et ce parti-pris qui évite au récit toute dramatisation, n’enlève rien à la gravité du sujet abordé.

L’euthanasie ne prendra jamais en compte les dépressifs profonds, ceux pour qui, comme Mr Grimaldi, la vie sonne désormais creux, qui n’ont plus aucune perspective et semblent flotter dans l’existence.

Quand la vie cesse d’être douce, faut-il que la mort prenne le relais et le devienne ?

Un beau film qui traite sans pesanteur d’un problème sans solution.

Francis Dubois

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