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Migrants : devoir d’assistance à personne en danger L’US N° 782 du 27 octobre 2018

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SOS Méditerranée est une association civile de sauvetage en haute mer, créée en 2015 face à l’urgence humanitaire en Méditerranée.
Elle s’inscrit dans le cadre légal de l’obligation d’assistance à toute personne en détresse en mer et s’ancre sur les traditionnelles valeurs de solidarité et d’empathie des gens de mer.
SOS Méditerranée a pour missions de sauver les personnes en détresse en mer, d’en prendre soin et de témoigner.
Grâce au soutien financier des citoyens européens, l’association a affrété un navire, l’Aquarius. Il a porté secours à 29 523 personnes.
Les sauvetages sont réalisés dans les eaux internationales, sous la régulation du centre de coordination des secours en mer d’une autorité étatique.
Les rescapés sont conduits dans le port sûr que cette autorité désigne.
Aujourd’hui, SOS Méditerranée demande aux États de prendre toutes les mesures pour permettre à l’Aquarius de reprendre sa mission de sauvetage le plus rapidement possible, de faire respecter le devoir d’assistance en mer, d’assumer leurs responsabilités en établissant un véritable modèle de sauvetage en Méditerranée. Les citoyens peuvent soutenir cette démarche en signant la pétition sur : http://www.sosmediterranee.fr

SOS Méditerranée répond aux questions de l’US

L’US : Peut-on parler d’urgence humanitaire en Méditerranée ?
Oui : ces quatre dernières années, plus de 17 000 personnes ont été recensées comme disparues en Méditerranée par l’Organisation internationale des migrations. Ce chiffre ne tient pas compte de ceux et celles qui ont sombré sans témoin.

L’US : Que se passe-t-il actuellement ?
En février 2017, les chefs d’État européens ont décidé de financer, d’équiper et d’entraîner la garde-côte libyenne, avec l’objectif d’intercepter les personnes fuyant la Libye. Puis le centre de coordination des secours italiens s’est progressivement désengagé de la régulation des sauvetages.
Les renvois de responsabilité entre États conduisent à faire perdre un temps précieux. La désignation d’un port sûr est encore plus longue. Toutes ces opérations, qui étaient faites sans délai jusqu’à 2018, donnent lieu cette année à des tergiversations qui font perdre aux naufragés des chances de rester en vie. La situation s’est aggravée encore depuis que l’Italie a fermé ses ports aux rescapés. En outre, les garde-côtes libyens ne conduisent pas les rescapés dans un « port sûr », au sens légal, mais, au contraire, dans des lieux de détention où ils sont à nouveaux soumis à des traitements inhumains.

L’US : Certains prétendent que cela encourage les migrations ?
Cette hypothèse est démentie par les faits : lorsque la grande opération de sauvetage Mare nostrum a été arrêtée, en 2014, les départs n’ont pas baissé, mais le nombre de noyades a crû.
En juillet 2018, l’absence de dispositif de secours au large de la Libye n’a pas dissuadé des centaines de personnes de prendre la mer : 600, au moins, ont perdu la vie en quatre semaines. Les personnes qui fuient, le font avec l’énergie du désespoir, en prenant le risque de se noyer pour échapper aux traitements inhumains. N’importe qui en ferait autant.

L’US : Participez-vous à des actions de sensibilisation ?
Des bénévoles répondent à l’invitation des établissements pour rencontrer les élèves, leur présenter la situation en Méditerranée, le devoir d’assistance à personne en danger, et répondre à leurs questions. Les demandes peuvent être faites sur le lien « contact » du site de SOS Méditerranée.

Laurent Tramoni

Cet interview n’est pas personnalisée pour des raisons de sécurité, les réseaux d’extrême droite pistant les membres de SOS Méditerranée qui se sentent en danger

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