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Deux films de Semih Kaplanoglu de 2008 et 2010 (Turquie)

"Milk" & "Miel" Sortie en salles le 22 septembre

Avec "Milk" et "Miel" s’achève le triptyque de Yusuf commencé avec Yumurta (l’Oeuf), sorti en France en 2008.
Conçus comme un long flash back, ces films retracent des moments importants de la vie de Yusuf (mort de la mère, fin de l’adolescence, disparition du père et découverte de la poésie).

"Milk" voit Yusuf revenir dans son village natal à la fin de ses études. Ses poèmes commencent à être publiés dans des revues littéraires, mais son avenir reste incertain dans une société en proie à une industrialisation rapide. Son ami, comme lui apprenti poète, se retrouve mineur, mais garde toujours dans sa poche le poème composé au lycée. La vente artisanale du lait, qu’avec sa mère, il tire de leurs vaches s’avère vite anachronique et leur assure un revenu plus que modeste. Sevré du "lait maternel" (sa mère redécouvre sa féminité et la sexualité) et rejeté par la culture machiste de la société turque (il est exempté de service militaire à cause de son épilepsie), Ysuf prendra des décisions qui engageront son avenir et laisseront sur le bord de la route les projets qui lui tiennent le plus à cœur.

"Miel" s’intéresse à la jeunesse du garçon. Il a six ans, va à l’école guidé par un faucon et voue une admiration à son père apiculteur, dont les ruches sont placées dans la forêt, à la cime des arbres. Même s’il arrive à communiquer par la parole avec son père, Yusuf est un gamin introverti. A l’école il reste isolé, se bloque et bégaie dès que l’instituteur lui demande de lire. La découverte d’une écolière lisant un poème, seule dans sa classe, pendant la récréation, lui permettra de compenser l’absence du père, parti dans la forêt récolter le miel.

Semih Kaplanoglu, reste fidèle à son style cinématographique, mais l’approfondit de film en film jusqu’à la quasi perfection de "Miel".
Scénaristiquement, les trois films se passent à la même période (le Yusuf de 6 ans va à l’école avec ses affaires rangées dans un sac à dos et "Miel" est précisément daté par la lecture du calendrier) ce qui crée, quand on visionne les deux films à la suite l’un de l’autre, une perte de repères. Ce phénomène est accentué par une absence de musique, une image et un son retravaillés.

Kaplanoglu a vu ses films sélectionnés dans des festivals prestigieux ("Yumurta" à Cannes, "Milk" à Venise) avant de se voir couronné en 2010, par l’Ours d’or à Berlin.
Francis Dubois

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