Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Yorgos Lanthimos (Irlande-Grande Bretagne- Grèce -USA)

« Mise à mort du cerf sacré » Sortie en salles le 1er novembre 2017.

Stephen est un brillant chirurgien. Avec son épouse Anna, ophtalmologue de renom, Kim et Bob leurs deux garçons de douze et quatorze ans, ils composent ce qu’on appelle communément une famille heureuse.

Un jour, Stephen reçoit la visite de Martin, un adolescent dont le père est décédé sur la table d’opération pendant une intervention chirurgicale et sa vie va amorcer un tournant.

Sans doute guidé par un sentiment de culpabilité, Stephen décide d’aider, de prendre sous son aile cet orphelin singulier, peut-être livré à lui même.

Ils se rencontrent à plusieurs reprises puis, plus régulièrement. Mais après avoir, dans un premier temps fait preuve de discrétion, Martin qui s’immisce petit à petit dans la vie de Stephen et auprès de sa famille, s’attire le sympathie de tout son entourage.

Au fil des jours et de façon insidieuse, il va se montrer de plus en plus intrusif jusqu’à ce que son comportement devienne brutal et menaçant.

Acculé, Stephen n’aura bientôt plus d’autre choix que de se plier aux exigences cruelles de Martin et de commettre, selon ses vœux, l’irréparable.

Cinéma : Mise à mort du chêne sacré

«  La mise à mort du cerf sacré » est le cinquième long métrage de Yorgos Lanthimos. présenté en compétition officielle au 70ème Festival de Cannes.

Après avoir réalisé de nombreux clips en collaboration avec des chorégraphes grecs, des publicités pour la télévision, des courts métrages, il met en scène «  Kinetta » , son premier long métrage remarqué au Festival de Toronto et à la Berlinade.

Ce sera ensuite «  Canine » ( Cannes 2009) puis «  Alps » remarqué à la Mostra de Venise et enfin

« Lobstar », son premier film en langue anglaise.

Ici, Yorgos Landhemos s’inspire d’Euripide et de son «  Iphigénie en Aulas » mais sans faire du film une transposition de la pièce.

Le mécanisme narratif et sa mise en scène fonctionnent selon une mise en place insidieuse du drame, par touches légères liées à la transformation des comportements du personnage de Martin, l’adolescent qui va introduire dans le récit une atmosphère de plus en plus menaçante, qui va réduire progressivement par sa présence de plus en plus troublante et inquiétante, le champ d’action de Stephen.

« La mise à mort du cerf sacré  » met en scène le portrait d’un prédateur guidé dans son sombre dessein et celui d’un homme qui devient le spectateur presque consentant de sa propre victimisation.

La façon dont Yorgos Landhemos met en scène ce récit, mêle intimement angélisme et machiavélisme, et ce mélange intime, en introduisant dans un déroulement réaliste quotidien, un fantastique léger, guide les personnages vers le drame qui s’installe, s’impose et devient petit à petit inéluctable.

Les personnages partagés se positionnent bientôt entre la vie réelle et le poids de la règle mythologique sans que n’apparaisse la trame qui devient progressivement visible, de la toile d’araignée fatale.

Une œuvre forte, magnifiquement aboutie à laquelle apportent leur concours, Colin Farrell, Nicole Kidman et le jeune Barry Koeghan dont l’étrangeté naturelle convient parfaitement pour rendre la double facette du personnage de Martin.

Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Zibilla ou la vie zébrée »
    Zibilla est une jeune zèbre qui a été adoptée par des parents chevaux. Dans l’école où elle va et où tous les élèves sont des enfants chevaux, ses rayures sont sujet à de constantes moqueries. Si bien... Lire la suite (12 novembre)
  • « J’aimerais qu’il reste quelque chose »
    « J’aimerais qu’il reste quelque chose », c’est la phrase que prononce une donatrice sans descendant qui vient déposer des documents personnels relatifs à la Shoah dont elle est en possession et qui n’a... Lire la suite (12 novembre)
  • « Le bel été »
    Amed, Mohamed et Wally, réfugiés de Guinée et du Mali ont été recueillis par Robert, Simon et Sophie dans leur maison du bord de la Manche, siège de l’association « des lits solidaires » Ils vont... Lire la suite (11 novembre)
  • « Rendre la justice »
    En France, l’appareil juridique apparaît le plus souvent comme une machine infernale, opaque, mystérieuse, impersonnelle à laquelle il vaut mieux ne pas avoir à faire, qu’il vaut mieux ne pas... Lire la suite (9 novembre)
  • « Noura rêve »
    Jamel a été condamné à une peine de prison ferme pour différents vols, escroqueries et récidives et Noura a demandé le divorce d’autant plus déterminée à retrouver sa liberté qu’entre temps elle a... Lire la suite (9 novembre)