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un film de Bharat Nalluri

"Miss Pettigrew " Sortie en salles le 25 février

"Miss Pettigrew" à l’apparence du conte de fée mais derrière la peinture d’une société privilégiée, insouciante et frivole se dessine, en toile de fond, le spectre de la seconde guerre mondiale qui s’annonce.
Dans l’Angleterre de la toute fin des années 30, une gouvernante au service d’une famille bourgeoise perd son emploi et se retrouve à la rue. Désemparée, Miss Pettigrew
se retrouve, sur un quiproquo qu’elle ne dénonce pas, propulsée au sein d’un Londres glamour et décadent dont elle ignore tout. Par le plus grand des hasard, elle entre au service d’une chanteuse célèbre. Elle va, avec une maladresse qu’il n’a d’égale que sa grande naïveté, remettre sur pied les amours et la carrière branlantes de sa maîtresse et grâce à sa spontanéité et son naturel, rencontrer elle-même le grand amour.

Bharat Nalluri dont la carrière s’était limitée jusque là à réaliser des épisodes pour de célèbres séries de la Télévision britannique ou à diriger en tant que metteur en scène, les deuxièmes équipes pour des films de genre comme "Alien VS Predator" et "Résident Evil" adapte ici le roman éponyme de Winifred Watson publié en 1938.
Il parvient, grâce à deux comédiennes remarquables dont les performances sont parfaitement complémentaires, à donner, dans une tonalité rose bonbon une comédie cousue de fil blanc mais savoureuse et drôle. Frances McDormand actrice fétiche des Frères Cohen et qui reçut pour "Fargo" l’oscar de la meilleure actrice joue Miss Pettigrew, une Cendrillon rustique. Son personnage, naïf et pataud contraste avec celui de Delysia, blonde et rose, gracieuse mais dont les manières excessives dénoncent une pointe de vulgarité. Le décor est à l’avenant depuis la chambre-bonbonnière de Delysia jusqu’à la salle de bal somptueuse en passant par le bar clandestin. C’est soyeux, velouté, chargé de miroirs et ça sent la poudre de riz…
On peut aller voir au cinéma "Miss Pettigrew" pour la qualité de sa réalisation, pour le soin de la reconstitution de l’époque, pour le plaisir de l’œil, pour se laisser aller à suivre sur l’écran un conte de fée pour adultes qui n’a d’autre prétention que de distraire et qui y réussit bien. "Miss Pettygrew" a la saveur fugace et inégalable de la bulle de champagne.
Francis Dubois

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