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Un film de James Moore et William Spicer (Royaume Uni)

"Mission to Lars" Sortie en salles le 9 octobre 2013

Tom Spicer, atteint du syndrome de l’X fragile, une forme d’autisme, a été placé dans un institut spécialisé.

Depuis toujours, cet homme qui a sans doute passé la trentaine, a un rêve : celui de rencontrer

Lars Ulrich, le batteur du groupe américain " Métallica".

Son frère Will, réalisateur, et sa sœur Kate, journaliste, qui culpabilisent de s’être éloignés de lui au fil des années, décident de tout tenter pour lui offrir ce "cadeau".

Le projet va être difficile à mettre sur pied. D’une part, car il n’est pas aisé d’approcher le célèbre groupe et d’autre part, parce qu’il faut compter avec les variations d’humeur de Tom.

"Mission to Lars" est le récit de ce road-movie que Tom, Kate et Will ont réalisé avec James Moore, sa caméra et une équipe technique réduite.

Les chemins qu’ils ont empruntés pour approcher le groupe lors de sa tournée n’ont pas toujours été simples.

Mais quand, grâce à l’enthousiasme spontané de Lars pour une rencontre avec Tom, l’objectif est sur le point d’être atteint, la difficulté vient de Tom qui se montre tout à coup hésitant, voire réticent.

Plutôt que d’imaginer une fiction sur un sujet qui pouvait s’y prêter, Kate et Will ont préféré opter pour un documentaire qui, pour ce qui est de l’atmosphère du voyage, des aléas et des moments de complicité, s’inspirerait des souvenirs de moments d’adolescence de la fratrie, alors que les deux autres avaient avec Tom des rapports plus proches.

Le choix de la forme documentaire, en plus de donner au road-movie, un caractère d’authenticité, évite tout débordement d’émotion.

Les signes de la maladie dont est atteint Tom sont présents à l’image mais ne sont jamais surexploités. Le personnage de Kate nécessitait une part de jeu, ce dont elle s’acquitte sans se prendre pour une comédienne, mais avec une touchante maladresse.

La caméra de James Moore, discrète jusqu’à se faire oublier, sait saisir les moments du voyage tour à tour drôles, irritants ou pathétiques.

L’instabilité de Tom, son humeur fluctuante, ses bouderies donnent lieu à des ruptures de ton qui alimentent le récit et finissent par la négative, à restituer aux frères et sœur, leur complicité d’autrefois.

La caméra est finement observatrice tout au long du voyage mais c’est dans la scène finale de la rencontre de Tom avec Lars qu’elle est virtuose, quand elle saisit le mélange de joie et de timidité de Tom, quand dans l’émotion se lit que les objectifs de ce voyage au départ bien improbable, ont été pleinement atteints.

Francis Dubois

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