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Un film de François Pirot (France)

"Mobile home" Sortie en salles le 29 août 2012

Simon qui a goûté à la grande ville est revenu vivre chez ses parents, dans son village natal. Très vite lassé de toutes les attentions dont l’entoure sa mère, sitôt arrivé, il rêve déjà de rebrousser chemin.

Au village, il a retrouvé Julien, l’ami de toujours dont le père vieillissant et diminué sort à peine d’une longue maladie.

Un soir de beuverie ou de ras-le-bol, ils décident sur un coup de tête de réaliser un vrai rêve d’adolescents, acheter un camping-car et partir à l’aventure sur les routes.

C’est aussitôt chose faite, mais une panne de moteur les immobilise pendant quelques temps non loin de leur point de départ, et la réparation du véhicule durera assez longtemps pour que le doute survienne à propos du projet auquel ils s’étaient appliqués à croire dur comme fer.

Il leur faut trouver un travail pour payer la réparation du camping-car et lutter contre la tentation de retourner en visite chez les parents et pour Simon en plus de ça, de rompre définitivement avec sa dernière amie en date.

On craint, au démarrage du récit, de reconnaître un sujet maintes et maintes fois traité et la ribambelle de ses ramifications habituelles.

Les deux amis d’enfance trentenaires aux velléités d’adolescents englués dans l’attachement à leurs proches, au village natal où ils jouissent d’un réseau rassurant, qui n’ont encore jamais vraiment décollé sur le plan professionnel, est un thème dans l’air du temps.

Ils n’ont sans doute ni l’un ni l’autre poussé leurs études et au village et dans les environs, les perspectives professionnelles sont minces. Le départ à l’aventure vers quels pays lointains est un projet qui les rassure par son audace et par la part d’inconnu qui s’y cache.

S’ils ne voient pas une solution définitive dans leur départ, au moins pensent-ils que l’expérience leur apportera la maturité dont ils manquent et qu’elle reculera d’autant l’échéance, le moment où, fatalement, ils se retrouveront au pied du mur.

Leur belle vitalité, l’enthousiasme qu’ils montrent, l’acharnement qu’ils mettent à monter leur projet, la complicité qui les lie l’un à l’autre, sont autant de points positifs qui les fait échapper à l’état de loosers.

Et c’est là, quand le film de François Pirot se joue des archétypes et des clichés qu’il trouve un vrai ton et sa singularité. Dans la constance dont font preuve les deux garçons, dans leur détermination, dans les sentiments et la gravité qu’ils dévoilent et qui les éloignent de l’immaturité à laquelle on les croyait voués.

Le film colle à notre époque quand il place au cœur du récit des trentenaires paumés. Qu’il en fait des zappeurs que les circonstances et le dérèglement d’une société indécise a placé dans une impasse où ils se débattent pour se donner l’air de garder, avec de la fierté en plus, la tête hors de l’eau.

Le duo de jeunes comédiens Guillaume Gouix et Arthur Dupont est épatant. Jean- Paul Bonnaire est un père convalescent magnifique. Et le film doit beaucoup à ces trois-là qui le portent.

Francis Dubois

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