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Un film de Bernardo Bertolucci (Italie)

"Moi et toi" Sortie en salles le 18 septembre 2013

Lorenzo est un adolescent solitaire et secret. Il n’a pas trouvé sa place dans la classe de collège où il se tient à l’écart des autres. Pas plus que chez lui, auprès d’une mère débordante d’affection.

Au lieu de se joindre aux autres élèves de sa classe pour une semaine à la neige, il s’isole dans le sous-sol de son immeuble où il organise sa solitude avec délectation.

C’est alors que survient dans ce lieu improbable, sa demi-sœur qu’il n’a pas revue depuis des lustres, qui vit avec sa mère à Catane et qui entre dans le sous-sol pour y retrouver des affaires qui y sont restées stockées depuis son départ.

Leurs retrouvailles sont, dans un premier temps difficiles. Lorenzo reprochant à Olivia de le déranger dans sa retraite.

Puis, lorsqu’elle se trouve dans l’obligation d’y prolonger son séjour, leurs rapports s’adoucissent pour finir par devenir une vraie relation fraternelle.

On sait que Bernardo Bertolucci a été tenu éloigné du cinéma pendant dix années pour raison de santé.

Pendant cette longue interruption, aurait-il perdu contact avec le cinéma d’aujourd’hui ?

C’est un peu l’impression qu’on a après la projection de "Moi et toi" qui charge chacun des personnages de clichés dont on croyait le cinéma débarrassé.

Si le personnage de Lorenzo est prévisible : un adolescent solitaire qui ne trouve dans son entourage rien qui ne corresponde à ses attentes, celui d’Olivia est pétri de clichés au point de friser l’inconsistance.

Elle est photographe, toxicomane, et entretient des relations avec des hommes plus âgés qu’elle, sensibles à sa plantureuse beauté et à son talent.

On devine d’entrée ce qui va se produire entre cette demi-sœur et ce demi-frère : une première période de rejet, des signes avant-coureurs d’un rapprochement et enfin la concrétisation d’une réelle affection mutuelle.

Le film de Bertolucci est presque essentiellement un huis-clos, l’histoire d’un face à face au cours duquel l’un et l’autre vont évoluer et se laisser prendre par le charme de ces retrouvailles.

Et même si l’on passe outre les invraisemblances du scénario, depuis le faux-départ en classe de neige jusqu’à l’installation dans ce lieu indéfinissable qui, petit à petit, prend l’allure d’un vrai appartement malgré le lavabo entartré et des murs en mauvais état, l’histoire que nous raconte le cinéaste ne présente que peu d’intérêt dans la mesure où tout ce qui arrive était attendu.

On a du mal à croire aux promesses que se font le frère et la sœur, elle de renoncer à la drogue (ce n’est pas sûr), lui de ne plus jamais fuir.

La tendresse qui, désormais, les rapproche, au bout de quelques jours, aura eu un effet quasi-magique auquel on a du mal à croire.

On aurait tellement aimé saluer le retour de ce talentueux réalisateur à qui l’on doit des œuvres fortes comme " Prima delle revoluzione", "La stratégie de l’araignée" ou "Le conformiste".

Francis Dubois

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