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Un film de Xavier Dolan (Canada)

"Mommy" Sortie en salles le 8 octobre 2014

Diane Després dite "Die" reprend avec elle son fils Steve, un adolescent impulsif et violent au comportement contrasté qui avait été jusque-là placé dans un établissement spécialisé. Pétris d’amour l’un pour l’autre, ces deux-là vont vivre une cohabitation aussi enthousiaste que douloureuse, toujours sur la "lame du rasoir".
L’aide inattendue de Kyla, une voisine enseignante en situation de stand-bye professionnel et affectif, va leur servir de balancier sur le fil d’un quotidien sans cesse mis en danger. Mais l’espoir qu’on voudrait bien voir porter ses fruits est sans cesse remis en question autant par les variations d’humeur de Steve que par l’instabilité de Diane.

Il est probable que lorsqu’il était bébé, une "fée de cinéma" s’est penchée sur le berceau de Xavier Dolan pour lui dévoiler les mystères du 7ème art, lui en donner les clés d’accès essentielles et qu’il a su en faire le bon (le meilleur) usage.
A vingt ans, il présentait à Cannes son premier film "J’ai tué ma mère" dans lequel la critique voyait le présage d’un véritable talent.
Elle ne s’est pas trompée puisque cinq ans et cinq films plus tard, on retrouvait Xavier Dolan dans la sélection officielle du Festival de Cannes 2014 où il obtenait, avec "Mommy" le prix du Jury (qu’il partageait avec Jean-Luc Godard) après avoir frôlé la Palme d’Or.

La force de Xavier Dolan est dans son talent, dans l’inventivité de chaque plan, chaque image et dans cette façon qu’il a de déconcerter, de faire avec un sujet pas très neuf (une mère aux prises avec son enfant caractériel) un chef d’œuvre et à donner une surprenante ampleur à un film intimiste à trois personnages. Ici, il s’offre une autre audace. Celle d’avoir porté son choix sur un format inhabituel (1:1) dont la caractéristique visible est de ne remplir que le centre de l’écran. Et ce qui pourrait passer pour une coquetterie s’avère essentiel pour une parfaite lecture de l’image, le "quadrilatère" encadrant les visages à la perfection et n’offrant aucune distraction ni affectation possibles. Mais le cadrage parfait du sujet que de cette façon, l’œil ne peut éviter.

Actu cinéma, film Mommy "Mommy" qui porte sur les rapports d’une mère et son fils pourrait renvoyer à "J’ai tué ma mère" mais s’il y a une ressemblance entre les deux films, elle est purement superficielle. De la réalisation au ton jusqu’au style d’interprétation et à l’univers visuel, ils se démarquent l’un de l’autre.
L’un est le regard d’un adolescent, l’autre observe une mère. L’un est une crise de puberté, l’autre une crise existentielle.
"Mommy" qui traite d’un sujet sombre aurait pu tomber dans le misérabilisme. C’est au contraire une fable rayonnante sur le courage, la transmission, l’amour, l’amitié. L’enthousiasme des personnages, leur vitalité, les couleurs qui baignent les paysages et enrobent à l’occasion les extérieurs d’une dominante orange ou rose entretiennent l’ensemble dans une franche jovialité, une folle espérance en la vie.

"Mommy" ne ressemble à aucun autre des films de Xavier Dolan même si tous parlent beaucoup d’amour. Ils ont tous, qu’ils parlent d’adolescence, de séquestration, de transsexualisme, d’ostracisme ou d’homophobie un autre point commun : ils sont des sujets proches du jeune réalisateur.

Une réussite de plus à l’actif du jeune cinéaste dont on attend déjà et dans la fébrilité, le prochain film !

Francis Dubois

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