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Un film de Eran Riklis (Israël / France / Allemagne)

"Mon fils" Sortie en salles le 11 février 2015.

Lyad qui a grandi dans une ville arabe en Israël est un garçon d’une grande vivacité d’esprit, généreux et fin observateur.

A seize ans, fait rarissime, il est admis dans un prestigieux internat juif à Jérusalem.

S’il est très vite accepté par ses camarades, il n’a véritablement qu’un seul vrai ami, Yonatan un garçon de son âge atteint d’une maladie dégénérative qui va évoluer très vite et le condamner à une fin précoce.

Lyad est très souvent au chevet de Yonatan quand sa mère, Edna, a beaucoup de mal à faire face à la maladie.

Lorsqu’Edna demande à Lyad, pour mieux l’épauler dans son épreuve de mère, de s’installer à demeure chez elle, il va très vite devenir le deuxième fils de la famille.

Cinéma : mon fils

Après avoir réalisé, "La fiancée syrienne ", " Les citronniers " et " Zeitoun", des films qui abordaient tous le conflit au Proche-Orient, Eran Riklis a eu envie de s’attacher à un autre conflit, le conflit intérieur qui oppose les palestiniens qui vivent en Israël qui sont des citoyens israéliens et les juifs israéliens.

Si, dans ses films précédents, Eran Riklis a souvent mis en scène des personnages déchirés dans leur identité, il n’avait jamais jusque-là abordé le problème de façon aussi frontale et avec une telle intensité.

Ici, l’identité est le thème central du film mais elle recouvre plusieurs facettes et tonalité à la lumière des autres sujets abordés.

Le film ne se situe pas par hasard dans les années 80-90.

En 1982, la guerre du Liban éclatait, conflit décisif et traumatisant pour Israël en même temps qu’une période marquante et douloureuse pour l’OLP et donc pour tous les Palestiniens vivant en Israël ou dans les territoires.

En 1991, la guerre du Golfe est un conflit majeur pour toute la région et pour le monde entier.

Lyad vit pendant ces deux guerres et dans la période intermédiaire. Ses choix – et ceux de ses parents – son identité et son parcours seront marqués par ce contexte.

Des circonstances qui rendent la fusion entre identité individuelle et identité nationale parfaitement pertinentes.

Le film montre en filigrane comment deux mondes proches géographiquement mais à des années- lumière l’un de l’autre sur le plan culturel et économique cohabitent. Il donne (avec le recul du temps et à la lumière des événements qui se sont produits depuis) un point de vue sans doute plus objectif sur la coexistence entre juifs israéliens et arabes israéliens.

Et même si la même terre est partagée, les services sociaux, le gouvernement, chacun veut faire partie de la société où il vit.

Aujourd’hui, les arabes ont le sentiment d’être exclus du corps social et il existe un grand sentiment de malaise entre les deux peuples.

L’amitié qui se tisse entre Lyad et Yonatan tient au fait qu’ils sont tous les deux, pour des raisons différentes, marginalisés. Qu’ils doivent l’un et l’autre se battre pour survivre. Elle tient également à la personnalité de Lyad, à sa façon de faire des choix entiers, à son charisme encouragé (et contrarié) par un désir inassouvi, une frustration enfouie

Même si Israël est dépeint comme un environnement hostile aux arabes, il l’est surtout comme un pays complexe qui réunit des points de vue, des idées et des comportements très contrastés.

Il est présenté dans le film de Eran Riklis comme un pays à la fois généreux et hostile, ouvert et craintif, accueillant et indifférent à l’égard de sa minorité arabe, où pour chaque brute épaisse, on trouverait un être bienveillant, pour chaque acte de violence, un acte de compassion.

Francis Dubois

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