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Un film de Maiwen (France)

"Mon roi" Sortie en salles le 21 octobre 2015.

Après une mauvaise chute à la neige Tony, une avocate quarantenaire, est admise dans un centre de rééducation.

Soumise à des soins et exercices quotidiens, à la prise de médicaments antidouleur, à une immobilité contraignante, elle a au cours d’interminables journées, le temps de revenir sur l’histoire d’amour passionnée qu’elle a connue avec Giorgio, un garçon bourré de charme mais instable, auprès de qui elle a connu des moments sublimes mais également beaucoup d’autres très douloureux, d’abandon, de tromperie, de brutalité et d’humiliation.

Le coup de foudre a lancé dans les bras l’un de l’autre ces deux êtres désassortis mais qui ont cru chacun que l’amour comblerait les différences.

L’amour passion qui a suivi les a encouragés à poursuivre dans ce sens et la forte personnalité de Tony, ses dispositions de raison et de sagesse n’ont pas suffi à lui faire mesurer le danger qu’il y avait à s’engager tête baissée dans une histoire qu’elle a malgré tout menée jusqu’au bout puisqu’elle a accepté de faire l’enfant que Giorgio voulait avoir.

On peut voir, dès le départ de l’histoire, cette relation fusionnelle comme un malentendu dont il ne pouvait ressortir rien de bon, où chacun laisserait des plumes.

Tony n’a rien de commun avec les mannequins que Giorgio fréquente habituellement. Mais c’est peut-être parce qu’il y a chez cette femme dont la mission consiste à défendre les autres, un côté rassurant, maternel que Giorgio a besoin d’elle.

Le fait qu’on ne la voie jamais dans l’exercice de son métier mais seulement dans cette passion qui la dévore était un bon choix pour accompagner le regard plus tard distancié qu’elle porte sur sa propre histoire.

Giorgio appartient à la catégorie des individus qui sont toujours sincères mais sincères dans l’immédiateté comme on est calculateur, d’une sincérité dont il n’est peut-être pas conscient qu’elle est destructrice.

Tony blessée, humiliée, mise à terre continue longtemps contre vents et marées à croire que la force de son amour aura raison de l’instabilité de son amant.

Peut-être pense-t-elle que sa stabilité, sa force même quand elle ne lui sert plus, va faire office de "balancier" à leur histoire. Elle est battante jusque dans l’échec, jusque dans le renoncement.

Cinéma : Mon roi

Maïwen colle à son sujet sans démordre. Sa mise en scène est douce, cruelle, farouche.

Emmanuelle Bercot n’a pas volé son prix d’interprétation à Cannes. Elle est magnifique dans l’expression du bonheur comme dans la souffrance, dans l’incertitude, dans l’étonnement face à ce qui survient. Elle est une rebelle aussi magnifiquement qu’elle est un animal blessé.

Vincent Cassel n’est pas en reste. Il est cet être sans méchanceté mais cruel avec ce mélange de détermination et de faiblesse qui convient à Giorgio.

Un beau film pour l’écriture duquel Maïwen a peut-être puisé dans une histoire proche et qui fait échec à tous les risques de dérapage qu’un tel sujet comportait.

Francis Dubois

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