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Un film de Faouzi Bensaïdi (Maroc)

"Mort à vendre" Sortie en salles le 21 août 2013

Soufiane, Malik et Allal sont trois jeunes garçons désœuvrés qui traînent dans un quartier populaire de Tétouan, une petite ville du Nord du Maroc.

Ils sont inséparables et commettent ensemble de petits délits qui leur permettent de vivre.

Le jour où la police démantèle le réseau des Barons de la drogue, ils élaborent le projet de prendre le relais mais auront-ils les épaules assez solides pour relever le défi.

Leur rencontre avec Dounia, une prostituée du Club de "La Passarella", dont l’un d’entre eux tombe amoureux, va compliquer leur plan et les contraindre à des choix douloureux.

Les circonstances les amènent à commettre des actes de trahison qui vont les conduire à des engagements risqués.

Le sujet de "Mort à vendre " n’est pas très neuf. Les personnages de jeunes gens oisifs sont attendus et les situations où ils se trouvent plongés le sont tout autant.

Alors, à quoi tient que ce film, qui ne nous ménage aucune surprise par son scénario, dégage de l’originalité, se laisse voir dans un premier temps sans déplaisir avant d’imposer un intérêt certain ?

Faouzi Bensaïdi plonge ses personnages dans un décor qu’il a choisi d’assombrir, sans doute pour lui donner ce mystère, cette ambiguïté qui manquaient initialement au récit.

La photographie s’impose et devient un atout essentiel du film, même si parfois l’image sous exposée devient presque illisible.

Dans cette image souvent "noircie", les personnages apparaissent comme une sorte de fantômes, des êtres réduits à leur errance, à une fatalité négative qui vient en contradiction avec l’ambition de leur projet de devenir d’authentiques mafieux.

Plus qu’un film noir "Mort à vendre" est un film sombre, une histoire sur laquelle plane une ombre qui pourrait bien correspondre à cet état d’incertitude dans lequel se trouvent les personnages et leur avenir incertain.

Aucun d’entre eux n’échappe à la dérive. Les mensonges et la trahison auront raison de l’amitié qui unissait les jeunes gens et l’amour qui aurait dû échapper à la noirceur est lui aussi l’objet d’agissements pervers. " Mort à vendre " emprunte comme une fatalité, le chemin incontournable qui est celui de ces existences par avance sacrifiées qui, ici et là, retrouvent les élans de la jeunesse enjouée et insouciante.

Le cinéma marocain ne monopolise pas nos écrans et le film de Faouzi Bensaïdi n’est pas sans qualités.

Pour ces deux raisons, il faut voir cette "Mort à vendre" qui, sans être une œuvre vouée à la postérité, éclaire sur la situation économique de ces villes, au Maroc comme ailleurs, où le chômage, débouchant sur le désœuvrement et la combine, conduit les jeunes gens avides de plaisirs à rentrer dans la spirale de tous les dangers.

Francis Dubois

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