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Un film de Bong Joon-Ho (Corée)

"Mother" Sortie en salles le 27 janvier

La mère travaille dans une officine de médecine coréenne et pratique l’acuponcture à domicile. Veuve, elle vit seule avec son fils unique Do-Joon, 27 ans, un handicapé mental léger sujet à des trous de mémoire, qu’elle est obligée d’assister. Un jour, une étudiante du voisinage est assassinée et Do-Joon est accusé du crime.
La mère, persuadée de l’innocence de son fils, va remuer ciel et terre pour sortir celui-ci de prison. Elle fait appel à un avocat douteux et inefficace avant que la police ne classe définitivement l’affaire. Ayant compris qu’elle n’obtiendra jamais le soutien de personne, guidée par son seul instinct maternel, elle décide de retrouver elle-même le meurtrier de la jeune fille.

© Diaphana Distribution

"Mother" est avant tout un magnifique portait de mère. De la silhouette frêle de Kim Hye-Ja, émane une énergie qui possède la force de l’innocence et de l’amour maternel le plus instinctif et le plus aveugle. Rien, dès lors ne détournera cette femme de son objectif et de sa détermination va émaner un courage, des audaces dont on sent très vite que, dépassant la douceur naturelle du personnage, ils pourraient la conduire à des extrémités redoutables.
La construction du récit qui échappe à un tracé linéaire emprunte des chemins détournés, passe par des moments obscurs, jouant sur des ellipses autant que sur l’identité ou les agissement parfois troubles de certains personnages. Il est possible que le format scope qui embrasse d’immenses paysages et passe à la loupe nombre de gros plans, contrastant avec le sujet intimiste, ajoute à l’étrangeté, à l’inconfort d’une narration qui tient sur ses gardes le spectateur soumis d’un bout à l’autre à l’acharnement aveugle, modeste et, somme toute terrifiant de cette femme.
L’intérêt du film tient aussi à ses contrastes et notamment à celui qui oppose la passivité, le fatalisme du fils à la personnalité combative de la mère. Lui que son infirmité et les défaut de mémoire qui en découlent plongent dans une dépendance et un attentisme maladif et elle qui compense ses carences intellectuelles et l’indifférence des autres par un combat sans relâche.
Comme d’autres réalisations de Bong Joon-Ho, "Mother" adopte les caractéristiques du film de genre pour mieux les détourner et composer, à partir d’un sujet rabattu, une œuvre singulière, personnelle qui, sans crier gare, touche au drame et suit, à partir d’un sujet exemplaire, la pente instinctive et les méandres de l’âme humaine.
Francis Dubois

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