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Un film de Marianne Pistone et Gilles Deroo (France)

"Mouton" Sortie en salles le 11 juin 2014

Il a été décidé par les instances sociales que "Mouton", un grand adolescent un peu simplet, ne gagnera rien à vivre plus longtemps dans le giron de sa mère, une femme aimante mais instable.
Il est émancipé, embauché dans un restaurant de poissons de la côte et intégré à une équipe constituée d’êtres intellectuellement sommaires mais généreux et heureux de vivre.
Mouton est un peu lent mais il prend du plaisir à finasser la présentation des assiettes, aux plaisirs simples de la mer, comme plus tard il prendra goût aux baisers de Louise.
Mais au cours de la fête de Sainte Anne qui se donne sur la jetée, c’est le drame. Mouton a le bras sectionné dans des circonstances imprécises.
Mouton disparaît et Louise qui épousera Mimi, et aura un bébé avec lui, trouvera le temps d’écrire une lettre à Mouton pour lui dire qu’elle ne l’oubliera jamais…

On dira : "un drôle de film" qui se déroule une heure durant comme un documentaire sur un garçon-cuisinier un peu simple mais sympathique, attachant, d’une certaine façon assez charismatique et qui embarque dans son récit, et dans un univers maritime, une flopée d’autres personnages joyeux mais confiné dans une routine qui ne les amènera pas bien loin…
La seconde partie du film vient en total contraste narratif.
Les personnages du premier volet apparaissent alors comme des silhouettes reconnaissables mais intervenant de façon épisodique dans une sorte de désordre de séquences pourtant très structurées.
Est-on dans le même film peut-on s’interroger puisque le personnage de Mouton a disparu du récit alors que c’était sur lui qu’il reposait dans la première partie.
On sait qu’il est parti vivre ailleurs. On imagine que son amputation représente un handicap qui lui a fait abandonner son travail d’aide-cuisinier.
Mais le devenir du personnage n’est pas dans la priorité du récit.
La seconde partie du film est l’histoire résiduelle de ses amis restés dans une ville désormais peuplée de chiens et d’espoirs contenus dans de minuscules gestes quotidiens.
On dirait qu’avec le départ de Mouton, avec un récit dorénavant sec, froid, agressif, le monde s’écroule, que tout est à l’abandon.

Faut-il voir "Mouton" comme un exercice de style, ou au contraire comme un itinéraire de vie réaliste au plus près d’événements quotidiens au point qu’ils s’effacent pour réduire l’anecdote ?
Dans tous les cas, il ne faut pas que ce film hors norme rebute en quoi que ce soit le spectateur car il se dégage de l’ensemble une atmosphère prégnante, une sorte de saveur souterraine.

Francis Dubois

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