Actualité musicale, chanson...

« Mukashi », Abdullah Ibrahim Un retour en forme d’au revoir.

Je dois l’avouer. Ces derniers temps, j’ai été souvent déçu par Abdullah Ibrahim – Dollar Brand pour beaucoup, surnom que Duke Ellington, pas avare d’une plaisanterie, lui avait donné – en concert et en disques. Trop souvent, il faisait penser à du sous Keith Jarrett. Il faut dire, à sa décharge, que le Keith en question bouffe toute la place dans les mondes pianistiques.

Pour ce « Mukashi », sous titré « Once upon a time », il était une fois donc, le pianiste compositeur atteint une sorte de plénitude. Les mélodies flottent, s’étendent par nappes qui s’étirent voluptueusement. Une paix semble régner dans cet album comme si les cris devenaient latents, virtuels, se glissant ça et là dans les interstices d’une mer trop calme pour être vraie. L’instrumentation révèle cette apparence. Flûte et deux violoncelles en plus du piano…

Abdullah Ibrahim retrouve là ses racines sud-africaines pour dresser un autoportrait, une autobiographie. Les titres sont révélateurs : le temps du rêve, les étoiles en souvenir, sérénité, Pour Monk… qui se termine en essence et l’équilibre, l’harmonie.

Le vieil homme se livre sans apprêts pour démontrer que face à monde cruel, il faut avoir la faiblesse de la sagesse et de l’intelligence.

Nicolas Béniès.

« Mukashi », Abdullah Ibrahim, Intuition distribué par Socadisc .

Autres articles de la rubrique Actualité musicale, chanson...

  • « Bill Haley and his Comets, 14-15 octobre 1958 »
    Octobre 1958. La guerre d’Algérie provoque des traumatismes durables dans une grande partie de cette jeunesse partie combattre pour conserver une colonie sous la direction de généraux et de colonels... Lire la suite (Mai 2017)
  • "FRONTIERES" - Une chanson à partager
    "A l’heure où la chef de meute fait hurler les loups, une chanson à partager, pour ouvrir les frontières et les esprits, ne nous retrouvons pas ahuris dans quelques jours..." Jofroi est parmi... Lire la suite (Mai 2017)
  • « Michel Hermon chante Léo Ferré/ Bobino 1969 »
    Peu de temps après les événements de mai 1968, au début de l’année 1969, Léo Ferré (1916-1993) donne un concert à Bobino. Accompagné par Paul Castagnier, un pianiste aveugle, il chante 26 chansons. Dans... Lire la suite (Mars 2017)
  • « Peau neuve »
    Après des concerts où ils chantaient à tour de rôle les musiques et les textes qu’ils composaient, ils unissent désormais leurs voix et c’est le succès. Leur premier album avait été coup de cœur de... Lire la suite (Février 2017)
  • Jacinta, Nathalie Solence ...
    Dans le prolongement de la double page d’idées cadeaux pour les fêtes de fin d’année, ou toutes autres fêtes, publiée dans l’Us-Mag de début décembre, quelques propositions complémentaires. PL «... Lire la suite (Décembre 2016)