Actualité théâtrale

Maison de la poésie de Paris jusqu’au 28 octobre 2012

"Müller Machines" Partenaire Réduc’snes

"Müller Machines" Textes de Heiner Müller
Mise en scène et musique, Wilfried Wendling

Le spectacle "Müller Machines" que présente la Maison de la Poésie de Paris dans sa grande salle, repose sur trois textes fondamentaux peu explorés de Heiner Müller : "Paysages sous surveillance", "Libération de Prométhée" et "Nocturne".

Le premier d’entre eux est la description d’un paysage où un couple est peut-être en train de se détruire. Le deuxième a la forme d’une didascalie surréaliste et le troisième qui aborde le mythe du héros, réduit le corps à une réalité dégradante et s’achève sur le suicide de Dieux.

"Müller Machines" se présente en deux parties distinctes et très contrastées à tous points de vue. Le point commun entre les deux est la même utilisation de tous les arts de plateau –théâtre, musique, danse, cirque et vidéo.

Le spectacle s’ouvre sur un plateau entièrement tendu de cordes qui se présentent, éclairées depuis l’arrière, par une seule lumière, sorte de servante suspendue.

On découvre que cette profondeur de cordes tombant des cintres qui pourrait faire penser à une pluie droite et drue, n’est pas une illusion vidéo, mais une enfilade bien réelle de vraies cordes dès qu’on commence à distinguer avant de la voir plus nettement, une danseuse aérienne qui y compose des figures à la fois chorégraphiques et acrobatiques.

Pendant ce temps, hors champ, le comédien Denis Lavant lance le premier texte de Heiner Müller.

Avec la musique exécutée au fond du plateau par le musicien contemporain Kasper T. Toepliitz, légère et aérienne, des jeux de lumière qui font penser par moments à des compositions picturales, on est plongé dans le merveilleux et le féerique.

Lorsque, comme par magie, le rideau de cordes disparaît, se volatilise et que le plateau nous livre le comédien jouant dans un tout autre registre, le dispositif musical et le musicien en action, on est passé de l’autre côté, dans un univers plus brutal, plus abrupt.

La tonalité du texte a changé aussi. Plutôt que de garder le regard sur l’héroïsme d’Héraclés libérant Prométhée, "la libération de Prométhée" opte pour la problématique des excréments comme barrière odorante.

Denis Lavant nous livre alors, avec l’immense talent dont il est capable, une étonnante partition et le spectacle s’envole une autre fois pour le plus grand plaisir du spectateur

Et si amertume il y a, elle nous vient de cette question qu’on se pose à propos du devenir de La Maison de la Poésie de Paris à partir de février 2013.

On sait que Claude Guerre qui dirigea magnifiquement cette "maison" va s’en aller, étant remercié au bout de deux contrats. Pour le reste, le mystère reste épais puisque la programmation s’arrête en février et que pour la suite, tout reste suspendu à la décision de la mairie de Paris qui finance l’établissement…

Francis Dubois

Maison de la Poésie de Paris, Passage Molière, 157 rue Saint-Martin 75 003 Paris

www.maisondelapoesieparis.com

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 44 54 53 00

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