Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

"My father, my lord" un film de David Volach - Israël 2007

Rabbi Abraham vit avec son épouse Esther et son fils, Menahem, dix ans, dans une communauté ultra-orthodoxe à Jérusalem. Rabbi Abraham consacre sa vie à l’étude de la Tora et de la loi juive. Sa femme le suit dans ses convictions et dans ses travaux. Elle l’assiste dans l’éducation rigoureuse qu’il impose à leur enfant et dans l’enseignement et le respect de la foi. Menahem, s’il se soumet à la règle n’en est pas moins à l’âge où le monde environnant est empreint de mystères et de merveilleux.
Le drame qui va se produire au cours de vacances au bord de la Mer morte va ébranler toutes les certitudes…
David Volach, dont "My father, my lord" est la première réalisation prometteuse, a été élevé lui-même dans une famille ultra orthodoxe. Pris entre ses projets artistiques, peinture, écriture et philosophie et le désir de se réaliser à travers la religion et la foi, il fait, à vingt cinq ans le choix de quitter la religion et de se consacrer à l’étude du cinéma.
Son itinéraire explique peut-être la démarche engagée dans sa narration, la structure et la coloration de son film, le choix qu’il a fait de s’en tenir à un regard sans jamais porter de jugement. Le père malgré l’austérité, l’exigence, la dureté dont il fait preuve à l’égard de sa famille reste un personnage infiniment humain à travers le regard duquel on perçoit bonté et sensibilité. Esther, la mère devient un personnage intermédiaire qui se situe entre rigueur et tolérance et l’enfant soumis et rêveur tente de trouver dans la pratique rigoureuse de la religion qu’on lui impose une ligne qui pourrait lui convenir.

Voyage au cœur de l’intimité d’un croyant, My father, my lord a été conçu, sur le thème du sacrifice d’Isaac, comme le pendant du Décalogue 1 de Krysztof Kieslowsky. Une variation qui va en sens inverse. Chez Kieslowsky on va de la croyance absolue en la science rationnelle à la reconnaissance d’un mystère métaphysique alors que chez Volach on part du métaphysique religieux pour considérer une réalité dans ses manifestations quotidiennes.
Film d’une grande sobriété ou chaque scène est vouée à l’efficacité narrative stricte, esthétique par la grande simplicité et la rigueur de ses plans, émouvant au détour d’un regard ou d’un simple geste, My father, my lord est l’histoire d’une tragédie inévitable.
Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Notre Dame »
    Maud Crayon est une architecte mère deux enfants qui remporte sur un malentendu le concours organisé par la mairie de Paris pour la rénovation du parvis de Notre Dame de Paris. Entre le poids de... Lire la suite (15 décembre)
  • « Talking about trees »
    Ibrahim, Suleiman, Manar et Altayeb, quatre cinéastes passionnés-idéalistes sillonnent le Soudan pour présenter, dans les villages les plus isolés, des films aux populations en évitant le filtre de la... Lire la suite (15 décembre)
  • « Lillian »
    Échouée à New-York, Lillian, une ressortissante russe, décide de rentrer à pied dans son pays d’origine. Seule et déterminée, elle entame un très long voyage à travers l’Amérique profonde pour tenter... Lire la suite (11 décembre)
  • « Le choix d’Ali »
    Ali vit à Paris. Il partage la vie d’Eric depuis deux ans. Un soir, alors qu’il se trouve avec son ami dans une boîte gay, il reçoit un coup de fil de Besançon qui lui apprend que sa mère vient d’être... Lire la suite (10 décembre)
  • « Pahokee, une jeunesse américaine »
    A Pahokee, petite ville située dans le sud de la Floride, le lycée est au centre de toutes les attentions et de la part de toutes les communautés à cause de son équipe de football américain, de ses... Lire la suite (10 décembre)