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Un film de Eitan Zur (Israël)

"Naomi, une jeune et belle épouse" Sortie en salles le 29 juin 2011

Ilan Ben Natan, un brillant enseignant de 58 ans, a épousé Naomi, une jeune et belle femme dont il pourrait être le père. Amoureux fou de son épouse, il n’a qu’une crainte, c’est de se retrouver un jour confronté à un rival.
Ses doutes à propos des absences répétées de Naomi se voient confirmés le jour où, l’ayant suivi, il découvre qu’elle a un amant en la personne d’un artiste peintre qui vit en solitaire dans une petite maison au bord de la mer.
L’infidélité de son épouse devient un tourment obsessionnel jusqu’au jour où il se présente chez son rival et décline son identité.
La conversation qu’ils engagent est des plus sereines, jusqu’à un moment de folie où Ilan commet l’irréparable….
Réaliser aujourd’hui, en Israël un film qui ne traite pas de la situation où est plongé le pays n’est pas chose évidente.

© Pyramide Distribution

Le projet auquel s’est attelé Eitan Zur était de faire une sorte de thriller psychologique, bien ancré en Israël, dans la ville d’Haïfa, dont il est originaire, et en hébreu.
Haïfa est non seulement une ville photogénique dont la configuration rappelle San Francisco mais un site superbe avec ses jardins suspendus et ses quartiers mixtes ou juifs et arabes cohabitent depuis toujours.
"Naomi une jeune et belle épouse" prend option pour une vision plutôt optimiste des relations entre les deux peuples. Si le sujet n’est pas traité de façon frontale, il l’est par petites touches qui, pour être discrètes, n’en installent pas moins un climat particulier, aisé à localiser.
Le fait que le policier, meilleur ami du professeur, soit arabe, ne relève pas de l’utopie mais correspond bien à une réalité qui serait, selon le réalisateur lui-même, simplement plus évidente ici qu’autre part.
Le conflit Israélo-arabe a inspiré les réalisateurs israéliens et si c’est un des rôles que peut jouer le cinéma de se prêter à la réflexion à propos d’une actualité brûlante, pourquoi le cinéma d’un pays plongé dans d’inextricables conflits ne pourrait-il se permettre de produire également des films de genre ou des œuvres purement psychologiques ?
Le récit, découpé en épisodes, ne se prête à chaque fois, à aucune digression. Dans un premier temps la sérénité du couple ne fait pas de doute. Les premiers signes d’inquiétude débouchent très vite sur l’engrenage obsessionnel et le processus de la jalousie.
Au moment où Ilan constate ce qu’il redoutait, se produit chez lui, une sorte d’accalmie et là où l’on attend une scène d’explication ou de violence, on a ce dialogue totalement imprévisible entre l’homme trompé et sa mère qui, faisant référence à sa propre vie amoureuse, lui conseille de laisser faire les choses.
Un autre moment du film, de la même tonalité est celui du face à face des deux hommes qui s’engage sur la voie de la franchise et de la sérénité avant de prendre, subitement, mais avec le même calme, une toute autre tournure.
"Naomi, une jeune et belle épouse" n’est pas un film psychologique sur l’adultère ou sur un couple désassorti. C’est aussi un thriller passionnant et déroutant car il tord le cou à tous les clichés qui guettent, aux idées reçues. Les mères n’y sont pas gardiennes de la morale et les amants ne sont pas forcément des pleutres.
Un autre point est à mettre à l’actif du film, c’est la précision avec laquelle sont conçus les personnages secondaires…
Francis Dubois

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