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Un film de Laure de Clermont-Tonnerre (France)

« Nevada » Sortie en salles le 19 juin 2019.

Incarcéré dans une prison du Nevada pour le meurtre de sa femme, Roman n’a plus aucun contact avec l’extérieur. Pour le sortir du mutisme où il s’est enfoncé et des crises de violence dont il est coutumier, on lui propose d’intégrer un programme de réhabilitation sociale grâce au dressage des chevaux sauvages. Confronté aux mustangs, aussi imprévisibles que lui, Roman va réapprendre à se contrôler et à sortir de son passé.

Cinéma : Nevada

Actrice française déçue par le métier, Laure de Clermont-Tonnerre s’est installée aux États-Unis où elle fait avec «  Névada  »,ses débuts de réalisatrice de long métrage.

Elle y avait réalisé précédemment deux courts métrages dont «  Atlantic Avenue » au fin fond de Brooklyn dans un décor naturel très métallique. C’est à cette occasion qu’elle constitue une équipe technique avec qui elle tournera son second court métrage «  Rabbit  » dont le sujet, la thérapie des prisonniers par les animaux, annonce le prochain tournage de « Névada ».

Sa rencontre avec Robert Redford à la fois passionné de chevaux et du sujet de la réhabilitation des prisonniers par le dressage des mustangs s’avère déterminante puisque le célèbre acteur, intéressé par le projet, accepte de devenir le producteur exécutif du film.

« Nevada  » mélange deux genres canoniques : le film de prison et le western de sorte que le film fonctionne sur un contraste entre les grands espaces et les lieux confinés et exigus de la prison, entre plans larges et plans serrés.

« Nevada  » est une fiction largement inscrite dans le documentaire.

L’histoire repose sur deux reconversions, celle des prisonniers chargés du dressage des chevaux sauvages et celle des chevaux sauvages qui, une fois dressés, sont revendus.

Quatre vingts pour cent du récit repose sur des histoires réelles, de vrais personnages et de vrais détails.

Le tournage a été effectué dans les vrais décors correspondant à l’histoire, les paysages rocheux du Nevada et une prison désaffectée voisine de celle où Roman est censé être incarcéré, les prises de vues n’ayant pu être effectuées dans une prison en activité.

De plus, les personnages secondaires de «  Nevada  » ont le plus souvent été joués par d’anciens détenus qui ont appartenu à l’expérience de réhabilitation sociale par les animaux.

«  Nevada  » est un film physique qui se passe dans un milieu exclusivement masculin, réalisé par une femme et où les femmes, à travers le personnage de Roman, apparaissent à la fois comme des héroïnes et comme des victimes.

Ce qu’on pourrait reprocher à «  Nevada » peut tout autant être versé à son avantage : une ligne narrative sans surprises (On sait très vite que Roman arrivera à ses fins avec le cheval rétif dont on lui a confié le dressage et qu’il y gagnera en humanité).

Mais la camera vient à la rescousse pour capter la beauté, l’étrangeté, l’aridité et la sensibilité des paysages, tout comme elle sait saisir les atmosphères de l’univers carcéral mais avant tout, ce qui sert le film de Laure de Clermont-Tonnerre, c’est la présence forte, charismatique de Matthias Schoenaerts qui charge le personnage de Roman d’autant de puissance que d’émotion.

Francis Dubois

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