Actualité théâtrale

Du 5 au 7 décembre et du 12 au 14 décembre au Théâtre des Amandiers à Nanterre.

« Next day »

Le Centre d’art flamand Campo a proposé à Philippe Quesne, devenu depuis le nouveau directeur du Théâtre des Amandiers, de travailler avec des enfants ou des préadolescents pour une collection où figurent déjà des pièces d’Alain Platel, Tim Etchells et d’autres. Il a donc choisi treize jeunes interprètes néerlandais âgés de 8 à 11 ans. Il les a voulus musiciens et capables de travailler en groupe. Ce ne sont ni des virtuoses ni des comédiens ni des enfants de carte postale comme les aime la publicité. Ils sont à cet âge de transition où l’on est encore un enfant capable de faire d’un jeu la réalité mais aussi de se poser des questions sociales, politiques et écologiques. Il leur a proposé d’imaginer qu’ils pourraient être des super-héros capables de sauver la planète.
Théâtre : "Next Day"
Sur une toile de fond s’aligne une série d’immeubles tristes, sur le côté sont empilés des cubes de mousse. Les enfants se présentent et disent quelle scène ils ont préférée. Pour la plupart c’est l’attaque des extraterrestres et la bataille qui s’ensuit. Et à la fin on est complètement d’accord avec eux ! Avant c’est un peu long. Les enfants arrivent un par un, vont chercher leur instrument, le branchent quand c’est nécessaire, escaladent les briques de mousse, les déplacent, courent. Mais quand arrive l’attaque des extraterrestres et que la riposte s’organise menée par des enfants qui émergent du mur de briques de mousse rose, masqués de petits loups et vêtus d’une grande cape fluo, cela devient superbe. L’apaisement final, où les grandes peurs de ce siècle sont déclinées, écrites sur le mur de fond ou énoncées par un petit garçon, tandis qu’une fille fait des crêpes qu’une autre distribue dans la salle (la répartition des rôles est bien traditionnelle chez les super-héros !), se perd dans le brouhaha des jeunes ados présents dans la salle qui crie « moi, moi, moi » pour avoir des crêpes. On peut le regretter, mais après tout le grave n’est pas de mise, on rit et on sourit souvent, et le dernier mot reste à l’indiscipline et à l’invention.

Il y a dans ce spectacle la grâce de l’enfance capable de passer d’une question fondamentale sur le désastre écologique aux réalités les plus terre à terre, j’ai faim, j’ai soif. Il y a surtout ces enfants, musiciens talentueux pour certains et tous stupéfiants de naturel.

Micheline Rousselet

Vendredi 5 et 12 décembre, samedi 6 décembre à 19h30, le samedi 13 à 18h30, les dimanches 7 et 14 décembre à 15h

Théâtre Nanterre-Amandiers

7 avenue Pablo-Picasso, 92022 Nanterre

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 46 14 70 00

www.nanterre-amandiers.com

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « L’Amérique n’existe pas »
    Un homme, bien seul au milieu de cartons plus ou moins bien empilés, se lance dans un monologue. Il raconte des histoires, il fait naître des personnages comme cet homme qui ne monte jamais dans un... Lire la suite (18 septembre)
  • « À l’abordage »
    Sasha troublée par la beauté d’un jeune homme Ayden arrive avec son amie Carlie dans la communauté où il habite avec un maître à penser charismatique, Kinbote, secondé par sa sœur, Théodora. Kinbote... Lire la suite (18 septembre)
  • « Contes et légendes »
    L’intelligence artificielle est au cœur des recherches scientifiques d’aujourd’hui. Simples remplaçants des hommes pour des tâches répétitives ou dangereuses au départ, on ferait bien aujourd’hui des... Lire la suite (17 septembre)
  • « Où est mon chandail islandais ? »
    Knutte est revenu au village pour l’enterrement de son père. Il n’est pas venu les mains vides, mais les poches pleines de bière, sans compter celles qu’il pourra trouver, ainsi que quelques... Lire la suite (17 septembre)
  • « Le laboureur de Bohême »
    Un laboureur, dont la femme vient de mourir en couches, convoque la Mort pour lui faire part de sa douleur et de sa colère et lui demander réparation. Il l’interpelle, il l’invective mais la Mort... Lire la suite (10 septembre)