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Un film de Pascal Rabaté (France)

"Ni à vendre ni à louer" Sorties en salles le 29 juin 2011

On se souvient de ce tour de magie où un lapin effaré surgit d’un chapeau. Chez Pascal Rabaté, le lapin ne sort pas du couvre-chef mais se sauve avec le chapeau.
Chez lui, le cheminement d’un homme n’est pas tracé d’avance mais il lui est désigné par un cerf-volant dont il a perdu la commande et qui va au gré du vent.
Il sera irrésistiblement attiré par la jeune femme qui l’aura rejoint dans sa course, et dont l’époux laissé pour compte trouve consolation dans les bras d’une vacancière qui n’est autre que la compagne de l’homme au cerf-volant.
Un couple, impatient de rejoindre sa petite cabane au bord de la mer, retrouve pour des activités typiquement vacancières, un autre couple d’habitués flanqués de deux adolescentes qui font la connaissance de deux routards punks.
Pascal Rabaté, auteur de bandes dessinées avait réalisé un premier film "Les petits ruisseaux" remarqué à sa sortie. Il revient au cinéma avec "Ni à vendre ni à louer" une histoire en roue libre qui s’apparente, à la fois par la poésie qui s’en dégage et la légère coloration sociale qu’il introduit, au cinéma de Pierre Etaix ou à celui de Jacques Tati.
On y croise le petit monde des vacances, ceux qui se retrouvent comme chaque année pour une orgie de belote ou de farniente, ceux qui prennent un goulée de liberté et se laissent porter par le vent, des adolescentes qui rencontrent des routards punk, des parents qui guettent le retour nocturne trop tardif de leur progéniture, un VRP masochiste qui se fait ligoter et plumer par une tigresse sadique.
Les récits ont des points communs. Ils se croisent, s’entrecroisent, s’évadent, quittent le cadre pendant qu’un autre prend le relais, reviennent à la charge ou en demi teintes…
Les objets font le lien. Ils sont imprévisibles, parfois incontrôlables. Ils font leur chemin et on les retrouve là où personne n’imaginerait qu’ils seraient…
C’est léger comme une bulle, livré aux seules images, aux bruits d’ambiance. C’est gai et c’est mélancolique, léger et pathétique. C’est le quotidien de la vie de chacun et pourtant, il y a autre chose, comme un peu de tendresse en plus. Et c’est un peu comme si les personnages les plus attendus avaient aussi une profondeur.
Et il fallait bien un ouragan de tous les diables pour envoyer tout à la renverse avant que tout reprenne sa place. Mais là encore il y a des personnages qu’un terrible orage tourneboule, et il y a ceux qui n’y ont vu que du feu et qui en ressortent indemnes.
Avec sa toute petite musique, Pascal Rabaté, sans faire de bruit a peut-être bien ouvert une autre voie de cinéma. Ses films si on leur attribue des parentés avec de prestigieux prédécesseurs n’appartiennent qu’à lui.
Francis Dubois

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