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Un film de Doris Buttignol et Carole Menduni

"No Gazaran" Sortie en salles le 2 avril 2014.

Il y a trois ans, les habitants de certaines régions de France découvrent que des permis d’exploration de gaz de schiste ont été accordés sans que personne n’ait été prévenu. Pas plus habitants que les élus locaux ou régionaux.

La nouvelle de ce déni de démocratie se répand comme une traînée de poudre et ce sont les citoyens eux-mêmes qui alertent sur les dangers que représente l’extraction d’un gaz renfermé dans une roche qui nécessite des forages à deux ou trois mille mètres de profondeur.

Une mobilisation unanime sans précédent enflamme le sud-est de la France et fait reculer l’industrie pétrolière.

Un rapport de force s’instaure et face à la pression du lobby gazier sur le gouvernement, citoyens et élus locaux de tous bords se préparent à la désobéissance civile.

Ils dénoncent à la fois l’illusion d’un Eldorado financier et les répercussions que peuvent avoir

ces forages à pression hydraulique sur la santé et sur l’environnement.

Malgré cela, les enjeux économiques l’emportent et de nouveaux forages démarrent.

Les mouvements de résistance qui perdurent, grâce à un esprit de solidarité et à une intelligence collective, suffiront-ils à lever, un jour, un vrai débat sur la question ?

Qui décide du bien commun, de ce qui est bénéfique pour la communauté ? Qui assume au final les conséquences de ces décisions ?

La controverse autour du gaz de schiste vient de ce que les décideurs n’ont jamais eu à se justifier et que ce sont les citoyens, les élus locaux et régionaux qui se sont chargés de se documenter et d’avertir les populations des risques qu’ils encouraient.

La difficulté d’avoir accès à des informations claires, la récupération politique, une crise économique qui ne fait pas de l’écologie une priorité sont autant de raisons pour que le grand public reste dans l’ignorance.

Or, un forage hydraulique nécessite l’utilisation d’énormes quantités d’eau, celle de produits chimiques très nocifs qui menacent les nappes phréatiques.

La pénétration de matériel dans le sous-sol entraîne également de mini-séismes qui pourraient endommager les constructions voisines même si une réglementation sur la distance entre le lieu de forage et les habitations devrait (en principe) écarter ce risque.

L’agriculture, déjà mise à mal par les engrais chimiques, voit se profiler un nouveau danger et le citoyen, un avenir où l’eau du robinet serait de moins en moins propre à la consommation.

Le film de Doris Buttignol et Carole Menduni, même s’il souffre d’une construction parfois un peu floue, est un témoignage non négligeable sur le sujet.

Journalistes spécialisés, toxicologue, député européen, consultant sur les énergies propres et recyclables, élus locaux, agriculteur, représentant de collectifs d’Ardèche ou de Seine maritime se succèdent à l’image pour apporter chacun sa pierre à une meilleure clarification du problème.

Francis Dubois

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