Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Une comédie de Martin et Caussé (France)

"No passaran" Sortie en salles le 2 septembre

Maxence Lafourcade, la quarantaine, vit dans sa ferme des Pyrénées où il élève des cochons et s’occupe de sa grand’mère aphasique. Une existence sans relief dont il ne se plaint pas mais qui se trouve bouleversée le jour où il apprend qu’un projet d’autoroute va traverser sa maison.
C’est à son voisin le plus proche, un riche américain avocat d’affaires, qu’il fait appel pour mettre en place un éventuel recours. La meilleure stratégie serait pour Maxence de morceler sa propriété, de vendre les parcelles à des amis sûrs afin de compliquer le procédé d’expropriation. Il trouve un soutien auprès de son cousin Bouzigue, d’Inès, une éco terroriste toujours en lutte et de Fabrice, vedette de l’équipe de rugby locale.
Le sujet a souvent fait l’objet de documentaires. L’expropriation pour les agriculteurs est un drame qui voit disparaître des exploitations centenaires pour des constructions d’autoroutes qui défigurent le paysage et mettent sur la touche un tourisme local lucratif.
Martin et Caussé ont choisi d’en faire une comédie pour échapper disent-ils, au film didactique, pour traiter plus librement les problèmes abordés et parce que les personnages qu’ils avaient en tête se prêtaient naturellement au rire. Et c’est peut-être là la première faiblesse du film, avoir poussé certains personnages, au départ crédibles et sympathiques, aux limites de la caricature. L’américain richissime retiré dans une bastide isolée ne peut être que collectionneur d’art contemporain et sa fille, un rien nymphomane, une artiste peintre spécialisée dans les bestiaires déjantés. Le maire de la commune est amateur de jeunes filles. Il tutoie le ministre au téléphone et Inès n’échappe pas à un refus de féminité, passage obligé de la militante bougonne au physique ingrat… Les cousins Maxence et Bouzigue y échappent sans doute grâce aux comédiens qui les interprètent. Bernard Blancan composant un concessionnaire automobile convaincant et Cyril Lecomte, sans débordement, un Maxence naïf et impulsif.
SNES_NoPassaaran
Le film manque de légèreté et si parfois des dialogues font mouche, ils tombent le plus souvent dans la facilité, sans compter cette voix off qui intervient dès les premières images et dont on découvre, à la fin du film qu’elle est celle du fameux ours des Pyrénées souffrant de son célibat…
Lourdeur des dialogues, maladresses de construction, personnages parfois excessifs, "No pasaran" n’en dénonce pas moins le drame de l’expropriation en milieu rural, n’en aborde pas moins de vrais problèmes actuels comme celui du célibat des paysans, de l’écologie…
Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Cas de conscience »
    Un soir, alors qu’il est au volant de sa voiture, le docteur Mariman, en voulant éviter un chauffard, renverse une famille juchée sur un scooter. Il les dédommage pour les dégâts matériels et leur... Lire la suite (17 février)
  • « Corps étranger »
    Samia a fui son pays et se retrouve dans un Paris inconnu avec une adresse en poche, celle peut-être obsolète d’un garçon originaire de son village. Mais Samia est hantée par l’idée d’être retrouvée... Lire la suite (16 février)
  • « Vivre ensemble »
    Alain est professeur d’histoire dans un lycée parisien. Il mène une vie de couple sans histoires avec Sylvie. Julie déambule dans le périmètre de Saint-Germain-des-Près et passe son temps aux terrasses... Lire la suite (13 février)
  • « L’apparition »
    Jacques, grand reporter pour un important média français, reçoit un jour un surprenant message émanant du Vatican. Dans une petite ville du Sud-Ouest de la France, une jeune fille de dix-huit ans... Lire la suite (11 février)
  • « Finding Phong »
    Phong s’est toujours considéré comme une fille prise au piège dans un corps de garçon. C’est lorsqu’il entre à l’Université à Hanoï qu’il fait l’importante découverte qu’il n’est pas le seul à se trouver... Lire la suite (10 février)