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Un film de Gaël Mocaër (France)

"No popcorn on the floor" Sortie en salles le 29 avril 2009

Il faut savoir que le popcorn qu’on achète dans les multisalles avant le début de la séance, qu’on consomme pendant la projection avec bruit de mastication et froissement de papier et qui semble définitivement associé, dans l’esprit du spectateur, au plaisir de l’image, représente un revenu non négligeable. Un seau de popcorn vendu 3 € coûte 30 centimes, soit une marge bénéficiaire de 900%…
De popcorn, on n’en trouvera pas un grain à "l’Atalante", seul cinéma indépendant de la ville de Bayonne. Ramuntxo Garbisu, son directeur y voit le symbole d’une dérive mercantile. Rien, ni même ses difficultés financières ne l’acculeront à de telles compromissions et à trahir la seule ligne qu’il s’est donnée : offrir une salle et un public à des films de qualité dont les circuits habituels de programmation ne veulent pas.
Cet authentique défenseur d’un cinéma d’auteur, l’un des derniers représentants d’une espèce en voie de disparition, ne s’est-il pas battu pendant trois ans pour qu’un film géorgien soit projeté en France. Le réalisateur, venu de Géorgie en autocar et en stop, n’a pas pu cacher son émotion le jour de la projection : c’est qu’il n’avait encore jamais vu son film sur grand écran.
L’anecdote prouve la détermination de cet homme sincère à défendre, par amour du cinéma, des films pour lesquels il a eu un coup de cœur, un plaisir de spectateur qu’il veut partager avec son public.
L’objectif qu’il s’est fixé est de débusquer ici et là, un de ces petits bijoux qui n’intéresse pas les directeurs de salles et qui ont donc peu de chances d’avoir une existence : un film sur l’Iran, un court-métrage tourné en Bosnie ou un documentaire sur l’Algérie ou sur le Mali, de le projeter et d’attirer dans sa salle, les habitants de Bayonne amateurs de découvertes et sensibles à une programmation hors des sentiers battus.
En 1993, Ramuntxo Garbisu reprend l’Atalante. Devant l’ampleur d’un gestion qui le submerge, il décide de repartir de zéro. On le prend pour un fou mais c’est mal évaluer la détermination de cet ancien étudiant ingénieur en informatique, passionné de cinéma.
L’équipe qu’il regroupe autour de lui partage ses choix. Loin de toute préoccupation mercantile, ils défendent leur salle, leur programmation, la nécessité absolue de voir les films étrangers en version originale. Ils se montrent chaleureux, attentifs à chacun, pédagogues et semblent avoir axé leur vie sur cette salle de cinéma et sur le projet.
"No popcorn on the floor" nous donne à voir cette curieuse famille pleine d’enthousiasme dans ses activités quotidiennes, face à ses difficultés, à ses doutes, face à la menace qui guette.
Un Almodovar remplit la salle mais pour "Les carnets de voyage" de Walter Salles, Ramuntxo doit retrousser les manches, distribuer des tracts et tenter de convaincre dans la rue ou devant les abris de bus… SNES_NoPopCorn
C’est l’histoire de ce combat inégal –bientôt perdu ?- qui oppose le cinéma mercantile et ses salles à popcorn et celui qui défend des œuvres personnelles, singulières, exigeantes, enrichissantes.
"No Popcorn on the floor" est une film drôle qui a l’énergie de ses personnages. Un film qui, dans quelques années aura valeur de témoignage sur les derniers vestiges de la grande époque des Ciné-clubs et des salles indépendantes…
Francis Dubois

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