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Un film d’Ivano de Matteo (Italie)

"Nos enfants" Sortie en salles le 10 décembre 2014.

Paolo et Massimo sont deux frères quadragénaires aussi différents que possible.
L’un est un brillant avocat sans états d’âme, plus attentif à ses relations et à son train de vie qu’à l’état du monde. L’autre est un chirurgien intègre et engagé. Tous deux sont mariés et pères d’adolescents, une fille et un garçon qui, quoique cousins et très différents l’un de l’autre, sont très complices.
Une fois par mois, Paolo et Massimo, qui se fréquentent peu par ailleurs, se retrouvent, accompagnés de leurs épouses pour un dîner dans un des meilleurs restaurants de la ville où une table leur est réservée.
Un événement dramatique auquel ils sont étrangers va accuser plus encore la différence entre les deux frères : une rixe survenue entre deux automobiles qui va causer la mort d’un homme et la paralysie d’un enfant.
Le frère avocat va être amené à défendre le coupable du tir pendant que le chirurgien tentera de rendre la mobilité de ses membres à l’enfant blessé.
Mais Paolo et Massimo vont avoir encore une autre raison de s’affronter.
A la sortie d’une fête trop "arrosée", deux adolescents bousculent un peu trop brutalement une clocharde qui leur barrait le passage. La femme ayant perdu connaissance, les enquêteurs utilisent une vidéo qui fait office d’appel à témoins et passe en boucle à la télévision.
Si la vidéo est de mauvaise qualité, elle est assez nette pour que l’avocat et le chirurgien reconnaissent leurs deux enfants dans les auteurs du méfait.
Lorsque la clocharde aura succombé à ses blessures, se posera pour l’avocat et le chirurgien un cas de conscience : faudra-t-il garder le silence ou au contraire dénoncer ses enfants à la police.
Là encore, les deux frères auront des positions contrastées.
Cinéma : "nos enfants"
"Nos enfants" est l’adaptation de "Le dîner", le best-seller d’Herman Koch.
Ivano de Matteo a trouvé dans le contenu de ce roman, matière à aborder un sujet qui lui tient à cœur : la famille en tant que miroir de la société.
Avec "La bella gente" et "Les équilibristes" il a voulu approcher l’effet que pourrait produire un évènement extérieur sur la vie tranquille et établie d’une cellule familiale.
Avec "Nos enfants" il a cette fois souhaité montrer les effets d’une explosion destructrice quand celle-ci se produit à l’intérieur de la cellule et jusqu’où repousser les limites de son sens moral quand un proche est en cause et par ricochet, son propre bonheur installé.

Si le récit est parfois un peu démonstratif, un peu tortueux et si dans la présentation des personnalités contrastées des deux frères et de leurs deux épouses, le trait est un peu forcé, il est un point du film qui, contre toute attente, sonne juste.
Il s’agit du portrait et de la façon de se comporter des deux adolescents, enfants choyés qui, tenus éloignés des réalités de la vie, ont perdu tout sens moral et pour qui, la mort d’une clocharde, est un évènement tellement mineur qu’il les lave de toute culpabilité.

Si le cinéma italien avait redoré ses blasons avec des films comme "Les âmes noires" ou "Les opportunistes" ces mois derniers, il ne gagnera pas un nouveau signe de sa renaissance avec "Nos enfants" qui se laisse voir grâce à la qualité de l’interprétation et à quelques moments qui sonnent juste, lorsque le récit ne s’égare pas trop dans un "surlignage" insistant. .

Francis Dubois

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