Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de David Perrault (France)

"Nos héros sont morts ce soir" Sortie en salles le 23 octobre 2013.

Au début des années 60, le catch fait fureur.

Simon, dit "Le spectre", porte un masque blanc. Catcheur reconnu, il propose à Victor, de retour de la guerre d’Algérie, de devenir son adversaire sur le ring.

Victor a toujours été un perdant et voudrait bien, une fois dans sa vie, devenir un gagnant.

Par amitié, Simon propose à Victor d’échanger leurs masques sans n’en rien dire à personne.

La découverte du subterfuge va déclencher les foudres des organisateurs et précipiter les deux amis à leur perte.

David Perrault a réalisé un film qui n’est pas un documentaire, pas un film policier, pas non plus un film psychologique et encore moins un film sur le catch.

"Nos héros sont morts ce soir" fonctionne pourtant sur les codes de tous ces genres cinématographiques mais repose sur des atmosphères et sur une reconstitution soignée de l’époque d’autant plus réussie qu’elle n’est pas ostentatoire.

C’est en surface, une histoire d’amitié entre deux hommes évoluant dans un domaine singulier sous le regard de personnages secondaires tous parfaitement dessinés.

Mais c’est surtout une réflexion, entre réalisme et onirisme, toujours à hauteur d’homme, sur la frontière entre la vie et le spectacle, les masques et les troubles de l’identité.

Le catch était un sport-spectacle basé sur l’archétype du bon contre le méchant.

David Perrault réussit à réaliser, en jouant sur les lignes fragiles des frontières entre les genres, en prenant appui sur un sport aujourd’hui tombé dans l’oubli, un film en noir et blanc qui n’est ni poussiéreux ni passéiste.

"Nos héros sont morts ce soir" , c’est les années 60 fantasmées par un jeune homme d’aujourd’hui.

On y passe d’une atmosphère fantastique au polar en faisant ici et là un détour par le drame psychologique ou la comédie avec la même fluidité.

Cette réalisation rompt tout net avec ce que David Perrault appelle la dictature du naturalisme qui a longtemps pesé sur le cinéma français.

Avec des films comme "Les conquérants" de Xabi Molia et "Nos héros sont morts ce soir" , le cinéma français accuse un véritable virage, s’écarte des sentiers battus et redore son blason.

On pense parfois à Jacques Becker et aux grandes réussites des années cinquante vouées à la franche camaraderie, mais qu’on ne s’y trompe pas, c’est aussi un film très contemporain avec deux comédiens bien de notre temps, remarquables.

Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Au bout du monde »
    Yoko, une très jeune femme, est reporter pour une émission de télévision très populaire au Japon. Ses recherches, en vue de prochaines tournages, l’amènent en Ouzbekistan où elle ne trouve pas de... Lire la suite (19 octobre)
  • « La bonne réputation »
    Sofia appartient à la haute bourgeoisie locale. En ce début des années 80, elle mène une vie de luxe et d’oisiveté et ne se préoccupe que de futilités. Les échanges superficiels avec ses amies tout aussi... Lire la suite (15 octobre)
  • « L’angle mort »
    Bébé déjà, Dominick disparaissait mystérieusement de la vue de ses proches. Adulte, le pouvoir de se rendre invisible existe toujours mais il ne s’en sert pas beaucoup. Pire, il a fait de son pouvoir... Lire la suite (14 octobre)
  • « Warrior women »
    « Warrior women » dresse le portrait d’une grande dame des luttes indiennes-américaines, Madonna Thunder Hawk. Le film retrace sa vie de militante, de son éveil politique à la fin des années soixante... Lire la suite (13 octobre)
  • « Martin Eden »
    Martin Eden, un jeune marin voué à ne jamais quitter le milieu prolétaire qui est le sien va, grâce à sa nature curieuse et ambitieuse et au bénéfice de rencontres favorables, voir se dessiner une... Lire la suite (13 octobre)