Enseigner l’évolution

Notion d’espèce dans les programmes applicables rentrée 2009

Une nouvelle définition de la notion d’espèce apparait dans les programmes de 6ème (partie transversale) publiés au BO spécial n° 6 du 28 août 2008 :

"Une espèce est un ensemble d’individus qui évoluent conjointement sur le plan héréditaire."

Cette définition de niveau universitaire demande quelques explications.

La définition classique de l’espèce comme un ensemble d’individus interféconds date d’Ernst Mayr. Elle est rigide, et par exemple ne convient pas pour les plantes (ou bien il faudrait supprimer 90% des espèces).

Tout comme certains concepts en sciences physiques n’ont pas définition, le temps, par exemple, il faut arriver à plus de souplesse dans certaines définitions en biologie.

Ici, le mieux est de partir de l’arbre de Darwin, et le commenter en lui donnant une signification différente : il y a de la variété dans les populations qui constituent les espèces, lesquelles sont regroupées en genres.

Une espèce est un rameau de l’arbre qui s’individualise, pris entre deux noeuds. Ce qui fait qu’un groupe d’individu constitue une espèce est une affaire de spécialiste.

Dire qu’une population constitue une espèce est plus compliqué que de dire qu’un caractère est pertinent, parce que le caractère découle d’une histoire. Prétendre qu’il existe un critère simple tel que l’interfécondité pour décrire l’espèce est contraire à l’idée d’évolution. Il faut s’habituer à l’idée que l’espèce est mouvante, ce qui permet de la cohérence avec les mécanismes de l’évolution.

Il faut passer de l’étude de l’espèce dans l’objectif de la classer (ce que nous demandent seulement les programmes actuellement), à une vision permettant d’intégrer les mécanismes de l’évolution (ce que nos élèves devraient comprendre implicitement, vu que ces mécanismes brillent par leur absence des programmes de collège et sont à peine travaillé en TS ! ! !)

Comment s’y prendre en 6ème ?

Partir par exemple de l’exemple des races de chiens. C’est une espèce présentant une grande variété, grâce à la sélection opérée par l’Homme, mais qui a un ancêtre commun récent. On peut encore croiser les races entre elles (moyennant quelques précautions : une femelle chihuahua ne survivra pas à une insémination par un chien de grande taille), mais la spéciation est en cours.

On pourra aussi regarder la page 8 des ressources du programme de 6ème

« Cette définition de l’espèce, donnée par le
programme, va de pair avec des critères de
reconnaissance :
- les individus qui appartiennent à la même espèce se
reconnaissent au fait qu’ils font des petits ensemble,
lesquels sont à leur tour fertiles (par exemple, ceux
qui font de la reproduction sexuée) ;
- les individus qui appartiennent à la même espèce se
ressemblent généralement davantage entre eux qu’ils
ne ressemblent aux membres d’autres espèces (mais
cela n’est pas toujours vrai) ;
- les individus qui appartiennent à la même espèce ont
généralement des ancêtres communs très proches,
plus récents que ceux partagés avec d’autres espèces. »

Tous nos remerciements à P-H. Gouyon, du Muséum National d’Histoire Naturelle, qui a fourni les explications bases de ce texte.

SNES - groupe national SVT - janvier 2009

Autres articles de la rubrique Enseigner l’évolution